Je lutte souvent contre des pensées que je sais mensongères. Elles sont fausses et pourtant me hantent. Elles viennent de mes craintes les plus profondes. Parfois, dans un moment de faiblesse, je laisse la pensée mensongère me contaminer. Je la laisse dicter mes actes. Je commence alors à avoir un comportement, en apparence, incohérent. Au contraire, il est cohérent à toute la folie que ma tête contient que je tente de repousser, parce que je suis plus forte et plus intelligente que ces mauvaises pensées. Il faut écarter les pensées fausses. On a bien assez à débattre avec la vérité pour s'encombrer du faux. Je laisse parfois une de mes pensées fausses m'envahir même s'il ne faudrait pas. Dans un moment de faiblesse, de si totale vulnérabilité. Mon comportement avec autrui devient dès lors dicté par la pensée fausse. Ça me révèle parfois une vérité encore plus complexe que je ne pouvais pas voir. Je me demande si je voulais vraiment la voir. Dans un instant de totale vulnérabilité, la révélation est dangereuse. La vérité que je viens d'apercevoir peut-elle être vraie si je l'ai découvert par le détour de ce que la pensée mensongère avait fait de moi ? Je ne sais pas. Je suis seule, complètement démunie pour y réfléchir. Ça devient un peu trop compliqué pour une femme vulnérable. Unique consolation : aujourd'hui, j'ai réappris à pleurer.
 
 
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13 juillet 2009 @ 09:10
Et puis voilà, c'est arrivé. Ça ne prend pas de temps! J'aurais besoin d'aller à Fantasia tous les jours! J'écris que je veux me retirer du monde, mais je suis obsédée à l'idée de sortir. J'aime Fantasia pour les films et surtout pour l'ambiance. Ça fait tellement de bien de se rappeler dans une salle énergique que nous ne vivons pas complètement dans le monde des morts. Puisque je ne suis pas une fille de club, c'est à Fantasia que je libère tout ce que je possède de traits de mon époque, que je suis une festive à part entière. Heureusement, je ne suis pas intéressée par tous les films de Fantasia. Je n'y serai pas à tous les jours. J'y serai presque à tous les jours ce qui est déjà pas mal. Je me suis toujours dit qu'il fallait se consacrer entièrement aux bonnes choses, c'est ce que je m'appliquerai à mettre en oeuvre. 

Mon niveau d'angoisse augmente et tout explose. Je travaille comme une déchaînée. Mon rythme est cinglé. J'aurai bientôt la coupe aux lèvres. Je me suis toujours dit que je devrais prendre des vacances entre la fin de mon examen doctoral et le début de la rédaction de la thèse. J'ai plusieurs projets de vacances : lire La Recherche du temps perdu au complet en relisant le peu que j'ai déjà lu, lire Les Frères Karamasov et devenir niveau 30 à Fallout3. Serai-je à la hauteur de mes projets de vacances? On verra. Enfin pour le moment, j'ai pas mal à faire. Je rêverai plus tard aux projets de vacances. 
 
 
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11 juillet 2009 @ 11:02
Je ne sais pas pourquoi ce matin. Ça arrive comme ça. Des matins plus durs que d'autres. Je viens écrire ici, depuis quelques temps, presque exclusivement lorsque je suis dégoûtée de tout. Je m'en excuse. Ce matin encore, je commence à remettre en question l'intérêt d'appartenir au monde, de vivre en société. Peut-être que ça me vient de Thirst de Park Chan-wook. Le plus drôle et troublant film de vampires que l'histoire du cinéma ait connu. Je me sens encore mal depuis le visionnement et réfléchis sans arrêt à l'intérêt des relations humaines. Ça ne doit pas être étranger au fait que j'ai passé toutes les dernières semaines à travailler sur Beckett. J'ai lu plusieurs romans de Beckett que je ne connaissais pas. Pour tout dire, je ne connaissais pas beaucoup Beckett. Je m'y suis plongée et ce n'est pas terminé. Mais enfin, la semaine prochaine, je dois me replonger dans Céline que je connais déjà davantage. Ça ne dressera pas un portrait du monde plus joyeux. Je me sentirai, sans doute, un peu mieux néanmoins pour une raison étrange. 
 
 
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01 juillet 2009 @ 09:52
J'écris une demie page par jour et il faudrait célébrer. Wow! J'écris une demie page rédigée tout croche avec des phrases horribles et je sens que je viens d'accomplir un progrès immense. Je suis habituée d'écrire des dizaines de page en quelques jours sous la pression des dates de remise. J'essaie de m'habituer à répartir le travail à tous les jours, même si je suis faite pour les explosions de dernière minute. Je n'ai pas trop le choix. Ce que je dois écrire ne peut se rédiger en un coup bref et intense.  Si la rédaction me rend habituellement heureuse et joyeuse, j'ai l'impression qu'en répartissant le travail je ne fais que prolonger mes moments dépressifs. Je suis particulièrement sensible à tout et intolérante au monde autour de moi. Je me sens complètement sauvage! À moi, le chalet écologique retiré du monde avec les amoureux! Il me reste trois semaines de rédaction et je vais terminer ça, même à raison d'une demie page par jour. Je voulais aller à la boxe aujourd'hui pour enlever tout ce que ma tête peut contenir de mauvaises pensées. Le club est fermé pour la fête du Canada. Je vais me résoudre à la musique violente et à me remettre au travail comme la sage étudiante que je suis.

    
 
 
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17 juin 2009 @ 21:18
Je ne sais pas ce que s'est passé. Je suis arrivée au métro pour aller à mon match de soccer et j'ai eu un blanc de mémoire. Je ne savais plus j'étais où et où je devais aller. Si j'ai une certitude dans la vie, c'est bien mon sens de l'orientation. Si j'ai un don, c'est celui-là. Je me retrouvais à la sortie du métro à ne plus savoir où aller comme une conne. J'avais oublié le nom de la rue. Je ne pouvais même pas prendre un taxi. Ça n'allait pas, ne plus savoir où aller ça ne se peut pas. Je sais toujours où aller. À deux doigts de la panique, à deux doigts de l'hystérie, j'ai fait l'usage de ma raison. J'ai téléphoné à Louito à la maison pour avoir l'adresse du parc. Pendant qu'il cherchait avec Julie, j'ai eu un retour soudain de la mémoire. Je savais que c'était un mot juif : la rue Shalom! Le chauffeur de taxi savait où aller. Les amoureux au téléphone m'ont donné l'adresse exacte. Je me suis calmée. J'ai eu une vision d'horreur. Pendant mon instant de panique raisonnée, j'avais l'air d'une authentique jeune professionnelle avec son téléphone cellulaire. J'avais l'attitude typique de la femme pressée, un peu brusque et affirmée, sur le bord de l'hystérie. Il va falloir travailler ça. Une petite bourgeoise hystérique, ce n'est pas ma destinée! Oh non! Ça ne peut pas être moi! Je ne veux plus me revoir de cette façon. Ça me dégoûte trop. Je ne voudrais pas voir un vidéo de la scène.

Je suis arrivée au soccer en taxi. J'ai enfilé mes protèges-tibia, mes bas et mes souliers en vitesse. Nous avions le grand terrain cette semaine. J'étais contente de courir beaucoup, mais disons que le cardio souffrait davantage. Dès mes premières minutes, je sentais la grandeur du terrain. J'aime vraiment le soccer. C'est tellement différent de la boxe. Je me sens mieux au club de boxe. J'aime néanmoins redécouvrir l'esprit du soccer. À la boxe, nous travaillons ensemble, bien sûr, mais tous pour soi. J'aime l'atmosphère de la boxe, la rencontre d'individualités fortes qui se parlent peu et qui s'entraident tout de même beaucoup. Au soccer, je retrouve l'esprit grégaire qui est différent et aussi agréable, je dois bien l'avouer. Je me sentais plus dans mon équipe aujourd'hui. Il faut dire que je joue un peu mieux, ça paraît. J'ai du mal à contrôler le ballon comme plusieurs membres de mon équipe, mais je suis dévouée et toujours prête à courir. Les gens de mon équipe sont chouettes. Nous nous encourageons, nous nous témoignons de l'affection de groupe, nous partageons ensemble l'effort. Ça me fait drôle de retrouver ce sentiment. Je me disais comme une conne que je ne pourrais pas jouer dans une équipe à nouveau. C'est décidé, cet automne, je vais m'inscrire au hockey cosom! 
 
 
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08 juin 2009 @ 19:47
En retravaillant aujourd'hui sur Pompes funèbres, je me suis dit qu'il fallait absolument aborder la question du mal. Si j'avais des pages et des pages à écrire, ça aurait été la chance de réfléchir à la question du mal absolu chez Hannah Arendt. L'autre jour, j'ai mentionné cette question et je n'étais pas du tout d'accord avec ce qu'on m'a répondu. Je pense qu'Arendt a trouvé la vraie question de la modernité en abordant celle du mal absolu! Je ne voulais pas faire ma Hannah-Arendt-by-the-book, je n'ai pas parlé. J'ai eu peur aussi de ne pas savoir l'expliquer. Enfin j'aurais dû quand même! Je vais me reprendre un peu en parlant du mal chez Genet dans une ville étrangère cette semaine. Cette question est tellement posée de façon troublante dans Pompes funèbres. Je suis sortie, sur mon balcon au soleil, fumer deux cigarettes pour y penser en relisant Pompes funèbres. C'est fou comme ça aide à penser. J'ai écrit mes pages sur le mal dans ma tête en fumant. Le geste est lié. Aujourd'hui, on le sait : fumer c'est le mal!!! Ça ou ne pas de recycler. Pour mes contemporains, le mal, ce n'est plus d'avoir tout oublié de la politesse... Non, c'est de fumer ou de ne pas recycler. Ça montre qu'on ne sait plus du tout ce qu'est le mal... 

Je me suis installée pour écrire. Instinctivement, j'ai fait jouer :Wumpscut: que je n'écoute pourtant presque plus. J'ai été tellement heurtée. J'oubliais qu'on sentait autant le mal dans :Wumpscut:. C'est de la petite bière Nine Inch Nails à côté! Ou Marilyn Manson! Le roi de l'électro-industriel, c'est :Wumpscut:! Il n'y a pas de doute. Dans le passage sur lequel je tentais d'écrire, le narrateur de Genet parle du mal et de l'exaltation, de son goût pour la vie qui revient en se plongeant dans le mal autour de lui. En tentant de s'approprier la mort de son amant, il commence à ressentir en lui la vie. La musique de :Wumpscut: me fait tellement sentir un sentiment immense d'exaltation et de douleur. Il n'y a rien de mieux que la musique sombre et énergique pour se sentir vivre!  
 
 
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08 juin 2009 @ 15:40
...  
 - Monsieur! Monsieur! Hop! Monsieur, voyez, restez du côté des hommes. 

Sans doute. Il faut rester du côté des hommes. 

Jean Genet, Pompes funèbres
 
 
07 juin 2009 @ 21:26
Je jouais à Rock Band tantôt avec Julie. Je suis alternativement le batteur et le guitariste. Julie est toujours la chanteuse! J'ai entendu une chanson un peu métal qui m'a fait pensé à quelqu'un. J'ai eu plusieurs emplois étudiants au fil des ans. Je me suis souvent fait des relations très profondes en peu de temps avec des collègues. Dans mon dernier emploi, où j'occupais la digne fonction d'assistante administrative, j'étais très amie avec Claudette, la madame qui s'occupait des comptes à recevoir. Plusieurs de mes collègues trouvaient que c'était une vieille chialeuse. J'avoue qu'à notre premier contact, je n'ai pas cru immédiatement que j'allais l'aimer. Elle était fort peu accueillante à mon égard et ne semblait pas aimer s'occuper de la formation de la petite nouvelle. Heureusement que j'apprenais vite, je n'ai pas été trop de trouble pour elle. Je travaillais chaque jour dans le même bureau qu'elle, un bureau que nous partagions avec une fière étudiante des HEC qui était la responsable des achats pour la compagnie. Claudette et l'étudiante des HEC se chicanaient souvent, toujours parce que Claudette était soi-disant peu sympathique. En peu de temps, j'ai appris à connaître Claudette. On s'entendait bien. Pour tout dire, je ne me suis jamais si bien entendue avec une femme de plus de cinquante ans d'un milieu si différent du mien. Après tout, j'étais la jeune universitaire, future petite bourgeoise, à qui le monde semblait encore plein de promesse et Claudette était une authentique prolétaire qui n'aimait pas son emploi, qui ne l'avait jamais aimé et qui n'avait plus d'espoir en rien. Elle avait réussi à s'acheter une petite maison à Montréal où elle habitait seule avec ses chats. Elle n'avait que son frère dans sa vie qui était aussi un bon ami avec qui elle allait à un club d'astronomie. 

Je suppose que le fait que je ne parlais pas beaucoup et j'avais l'air d'une jeune femme sombre a fait qu'elle s'est ouverte à moi plus rapidement qu'à son habitude. Je savais bien que j'avais la chance de connaître une personne qui s'ouvre très peu aux autres. De toute évidence, nous partagions, elle et moi, un certain sens de la négativité, une capacité à voir la négativité où elle se trouve aujourd'hui. Ce n'est pas la cas de tous nos contemporains! Dieu non! Elle m'a apprit qu'elle aimait beaucoup la musique de Rob Zombie et les films d'horreur. Même si je ne connais pas la musique de Zombie et que je ne connaissais pas ses films à l'époque (J'adore son Halloween!), nous avions elle et moi quelque chose de commun qui nous permettait d'apprendre à se connaître davantage. J'avais désormais une partenaire pour les blagues gore, ce qui est toujours intéressant! Je me suis rendue compte qu'elle avait un sacré sens de l'humour. Autant elle pouvait avoir un sale caractère avec notre collègue étudiante des HEC, autant elle riait de bon coeur! Elle avait habité plusieurs années aux États-Unis. Je lui posais souvent des questions sur sa vie à Miami. Elle me parlait, entres autres, des key lime pie (comme dans la scène grandiose dans la saison deux de Dexter!). Elle aimait aussi beaucoup les revues de vulgarisation scientifique qu'elle lisait sur l'heure du dîner. Pendant les heures de travail, je lui posais aussi des questions sur ce qu'elle lisait dans ses revues. Elle me racontait plein d'histoires intéressantes. 

On pourrait dire qu'elle était une vieille asociale, qui aimait plein de choses dans la vie, mais qui avait abandonné tout désir de vivre en compagnie des êtres humains. J'ai fait peut-être exception pendant les quelques mois où nous étions collègues. Lorsque j'ai pensé à elle tantôt, je me suis dit que c'était plate qu'on ne soit plus en contact. Elle m'avait écrit une fois pour que je l'aide à rédiger une lettre. Nous ne nous sommes plus contactées ensuite. À l'époque, je me disais que je ne savais pas ce que j'aurais pu lui dire si nous avions fait des choses ensemble. Je réalise aujourd'hui que je suis une débile! J'aurais pu me forcer un peu. Au fond, j'aimerais bien aller discuter avec elle quelques heures dans sa petite maison au bord du fleuve. J'aurais pu rencontrer les chats dont elle m'a parlé. Je suis stupide, sérieux. Je me suis juste dit que ça serait le fun, mais que ce n'était pas possible que j'étais trop occupée par ma petite vie d'universitaire. Et puis, maintenant, ça fait tant d'années que ça ne me semble plus possible... 
 
 
05 juin 2009 @ 16:34
Parfois je me souviens de tout ce que je pensais quand je suis arrivée à Montréal. Je me dis alors que je suis rassurée que je ne bloguais pas à l'époque. On s'est épargné la chronique : Amélie découvre la ville et est émerveillée. Quand même, c'est mieux ainsi! Soyez-en bien certains. Je n'ai jamais voulu qu'on me pense naïve. Si je le suis ou non, c'est une autre histoire. En autant que je n'ai pas l'air naïve, c'est ça qui compte. Tout me rendait tellement heureuse lorsque je suis arrivée à Montréal, tout ce que je découvrais était si merveilleux. La semaine prochaine, je serai à Toronto pour la première fois de ma vie. Je n'ai pas prévu vous faire une chronique à propos mon émerveillement. Désolée! Je vais garder ça dans ma tête. Il ne faudrait pas que ça sache à quel point je peux m'émerveiller de tout. J'ai ma réputation à préserver! C'est ce qui importe bien sûr! La réputation avant tout! Les rappeurs connaissent ça. 
 
 
03 juin 2009 @ 10:51
Le baptême de mon équipe de soccer arrive bientôt! J'ai peur! J'ai décidé de me donner à fond. Alors peu importe, je serai prête pour me battre à fond. Je vais respecter le moindre nom et le porter fièrement. J'aurai l'esprit grégaire, je porterai fièrement le nom choisit par le groupe. Que de belles résolutions! Ce soir, nous allons jouer contre les 100 watts. La barre n'est pas haute pour trouver un meilleur nom! Je devrais chercher dans mes vieux trucs pour retrouver un de mes chandails des 100 watts. Ils étaient fort « design » pour l'époque. Je ne sais pas si ceux qui comme moi ont regardé avec passion cette émission à Radio-Québec s'en souviennent! J'en avais deux que je portais tout le temps. Un blanc et un vert fluo! Les chandails des 100 watts allumaient dans le noir. C'était superbe! J'aimais tellement l'émission qu'à l'époque j'avais téléphoné à la radio pour parler en direct à Marc-André Coallier. J'étais en direct en onde sur Radio-Énergie à Sherbrooke. Wow! Je soulève de la jalousie de par le monde! Je n'en doute pas. Tout ça pour dire que mon premier match de soccer est ce soir, que mon équipe sans nom va planter les 100 watts. Bien sûr! Je vais me battre corps et âme pour cette victoire. Soyez-en certains!  
 
 
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02 juin 2009 @ 09:59
Être saoule et joyeuse! Il faut avouer que c'est quand même fort agréable! Il me semble que récemment toutes mes ivresses se transformaient en cauchemar. Il faut dire que je ne bois pas souvent. Je me suis même retrouvée à parler de façon gentille à un gars qui me tape sur les nerfs depuis longtemps, depuis la première fois que je l'ai vu! Il est un ennemi politique de Louito en plus! Ça n'aide certainement pas son cas. Il me parlait de façon sympathique. J'étais heureuse, alors je lui parlais aussi de façon tellement sympathique. Après tout, je n'allais pas lui témoigner mon profond mépris comme ça, out of nowhere! Il empiétait mon espace vital en plus. Trop près, trop sympathique! Mais bon, j'étais joyeuse! J'ai tout laissé passer. Je sais toutefois que le gars en question habite tout juste à côté de chez moi. Les uqamiens militants sont partout dans Hochelaga! Je risque donc de le croiser et peut-être de le saluer! J'ai peur! 
 
 
 
 
01 juin 2009 @ 10:33
Il se passe plein de choses dans ma tête qui nuisent à ma concentration. Je ne suis pas particulièrement fière de moi lorsque je repense à un événement particulier de ma fin de semaine. Je ne parle jamais ou pas assez. Pour une fois, j'ai parlé et ça a été un gâchis. Un gâchis objectif! Ce n'est pas mon interprétation! Ça a été un gâchis parce que je suis une hystérique et que je n'ai pas vraiment su parler. J'ai vraiment très honte de moi. Il me semble que je suis plus intelligente que ça et bien plus sage. Mes proches me savent hystérique. Maintenant je l'ai montré à la planète. La planète l'a vu. Je me suis montrée tout entière, comme une conne. J'ai exposé mon pire point faible. Comme une conne, parce que c'est certain, il ne faut jamais se montrer tout entier. Ça accélère notre mise à mort! C'est sans doute pour ça que je me protège tout le temps, pour retarder ma mise à mort. Si c'est possible de la retarder, après tout, je veux vivre longtemps. J'ai tellement hâte d'être une vieille sage. Pour le moment, comme une conne, je me montre souvent toute entière. Sans doute, parce qu'au fond, je me crois tellement forte, que je crois que je suis peut-être capable de retarder ma mise à mort sans me protéger. Peut-être que moi, je pourrais être capable de tout prendre... On ne sait jamais. En tout cas, je joue avec ça un peu. Je me protège, je retire la protection et je regarde ce qu'il se passe, comment je survis malgré tout. 

Je connais une force sur laquelle je dois miser : c'est la littérature. Je n'ai pas envie de vous raconter en détail la scène de mon humiliation, ça serait peu intéressant de vous raconter mon hystérie. Je vais me concentrer sur la scène et trouver comment je pourrais en faire de la littérature. Si je peux transformer mon humiliation pour en faire quelque chose de plus intéressant,  eh bien, allons-y. Je ne vais pas me jouer dans les plaies pendant des heures.  Puisque ça nuit à ma concentration aussi bien en finir! Je pourrai sans doute me servir de cette scène pour plein de texte. Il y aurait tant de chose à dire. C'est peut-être la littérature qui pourra me sauver... On n'a pas besoin de vivre de si grands drames pour écrire. Une petite scène d'hystérie et je suis bonne pour des pages! Wow! C'est merveilleux! 
 
 
29 mai 2009 @ 10:32
Ma mère tenait très fort à nos activités mère-fille. C'est comme ça dans le régime matriarcal de ma famille, je suis sa grande fille, sa seule fille et la seule petite-fille de ma grand-mère maternelle. Il fallait que l'expérience des femmes de ma famille puisse se transmettre à travers les sorties mère-fille. Ma mère a tout fait pour faire de moi une sombre jeune femme. Elle ne s'en doute pas et après elle me fera des commentaires désobligeants sur mes vêtements noirs! Une de nos activités mère-fille se passait dans les salons funéraires. Une fois, ma mère m'avait demandé si je voulais l'accompagner au salon funéraire et ensuite c'est devenu une tradition. Elle me disait : « Ma grande, on doit aller au salon ce soir ». Et nous y allions.

J'étais toute contente de la suivre. La première fois, je voulais vraiment voir un cadavre. Je ne comprenais pas qu'on expose les morts dans des salons. Je me disais que j'allais m'évanouir à la seule vue du mort. J'y suis allée tout de même angoissée mais si curieuse! Je savais que ma mère avait souvent vu et touché des cadavres. Je me demandais comment ça se pouvait. Chaque fois que je voyais une émission à la télévision avec des morts dans un hôpital, je me demandais comment ma mère pouvait arriver à exercer son métier. Ma mère connaissait bien des secrets sur la vie de plus que moi, elle connaissait aussi ceux des morts. Je ne me suis pas évanouie. 

Nous allions souvent au salon funéraire. Le métier de ma mère a fait que nous avions tant d'occasions de pratiquer notre activité mère-fille. J'étais une jeune fille sage et polie qui accompagnait sa mère. Je ne connaissais pas les morts, ni les familles. Je faisais ma cute petite fille. Je suivais ma mère et j'allais serrer la main des proches du mort. Ensuite je jetais un coup d'oeil sur le cadavre sans m'approcher du corps. Il y avait souvent quelqu'un qui se recueillait près du cercueil. Dans quelques occasions, le cercueil était fermé. On ne pouvait pas voir le mort. Toutes les fois où je suis allée, je n'ai jamais vu d'urne. Il faut croire que les urnes n'avaient pas la cote à Sherbrooke et que nous avions de l'espace pour les cercueils. 
 
 
28 mai 2009 @ 11:58
Hier quand j'ai entendu la voix de Julie, j'ai pleuré. Elle ne le sait pas. Je ne lui ai pas dit. Elle ne m'a pas entendu, la batterie de mon téléphone était morte. J'oublie toujours de le recharger. Je ne sais plus ce qu'elle a dit exactement. J'ai entendu sa voix et j'ai pleuré. La situation était trop ridicule. Encore plus ridicule parce que je pleurais. Je ne pleure jamais. Cette fois, elle aurait pu m'entendre, mais non, je suis seule à savoir ce qu'il s'est passé. Il y avait aussi la charmante dame à l'arrêt d'autobus qui m'a offert de trouver refuge sous son parapluie. Elle me parlait en anglais. J'étais un peu perdue, j'ai répondu : « Merci, je suis déjà toute trempée ».  Voilà ce qu'il arrive lorsqu'on pleure sous la pluie! Il faut avouer c'est quand même agréable de pleurer sous la pluie! 

Je me suis rappelée que je pleurais tout le temps dans mes premiers moments d'intimité avec Julie. J'étais très timide, ça se déroulait toujours un peu mal. Je crois qu'on vivait quelque chose de trop fort, ça n'aurait pas pu se dérouler autrement. On ne rencontre pas sa complice absolue, la femme de sa vie, tous les jours! Je n'avais rien à faire d'autres que de penser en attendant l'autobus sous la pluie. J'ai vu tous les moments de cette époque où je pleurais longuement dans les bras de Julie. Sans raison. Seulement parce qu'il me fallait exploser. 

J'étais toute excitée pour mon premier match de soccer. Tout allait mal pour moi. Je me suis trompée d'autobus. Je ne suis pas arrivée d'avance au match. J'ai rencontré les membres de mon équipe qui avaient l'air sympathique, comme des sportifs dans une équipe de sport. Tout le monde est sympathique dans ce monde-là. Il me faut devenir similaire. C'est la première leçon pour infiltrer le monde des jocks. Et puis, on a apprit qu'il manquait une équipe. Notre match était annulé. J'ai enlevé mes bas, mes protèges-tibia et mes souliers sous la pluie et je suis rentrée vers l'autobus. « Ça t'apprendra jeune fille à être enthousiaste, la vie suce ». Évidemment le monde ne s'écroule pas parce que mon petit match de soccer sans importance n'a pas eu lieu. C'est seulement que j'avais tellement hâte, que ça me rendait tellement heureuse.

Quand j'étais petite, je suivais avec intérêt la sortie de mes romans d'horreur sentimentaux que je devais m'acheter parce qu'ils étaient censurés à la bibliothèque de l'école. Je voulais courir au magasin chercher mes livres à chaque sortie. Ma mère me répétait souvent : « Attends Amélie, tu vas plus l'apprécier si tu ne réalises pas tes désirs tout de suite ». Eh bien, maman, ce n'est pas vrai! J'avais raison de vouloir tout, tout de suite! Lorsque tout mon enthousiasme tombe, ça fait mal, mais au-delà de ça, on dirait que tout ce qui m'écoeure revient d'un coup. Je pense à un imbécile, puis à un autre. À un lâche et à l'autre cave...  
 
 
25 mai 2009 @ 12:08
Je n'écris plus beaucoup ici et pourtant je ne suis pas dans un si mal état. Ce matin, peut-être un peu plus qu'à l'habitude, mais ça va passer. Je vais tenter d'aller à l'université en roller-blade tantôt. Le défi devrait m'occuper suffisamment l'esprit. Je me concentrerai toute entière sur mon pénible apprentissage du roller-blade. Tout le reste pourra prendre le bord pendant une bonne heure! Et ensuite, je vais assister à un cours sur Hannah Arendt et à un exposé de notre homme sur la révolution chez Arendt.  Quelle belle fin de soirée! Mais bon, pour le moment, je suis une doctorante à la maison déprimée, ennuyée et angoissée. Quel beau portrait! Et pourtant, malgré ma condition de déprimée, d'ennuyée et d'angoissée, je travaille bien. J'arrive à des choses importantes. C'est merveilleux! Je suis dégoûtée d'arriver à travailler dans ces conditions. Je lis malgré l'ennui et prends des notes. Ce n'est pas une condition réjouissante. Je note des idées passionnantes, sans ce que ça ne semble réellement m'intéresser. Je suppose que je relirai mes notes de lecture avec de l'intérêt plus tard.  Peut-être qu'en roller-blade, j'aurai la disposition d'esprit pour réaliser ce que j'ai lu pendant la journée.
 
 
12 mai 2009 @ 16:44
En trois secondes, je peux me concentrer sur deux ou trois mauvaises pensées et je suis enragée pour la journée. Dégoûtée du monde, obsédée par les deux ou trois mauvaises pensées initiales et par toutes les autres qui naissent ensuite, je suis horrible!  Des fois, je me sens tellement fermée, ennuyée par tout. Je sais que ce n'est pas vrai. Enfin pas complètement. Je suis self-righteous bien sûr, mais sans doute pas si fermée que je le pense. Il me semble que je suis aisément en colère contre tout cette semaine. 


 
 
12 mai 2009 @ 14:46
 

J'y serai! 
 
 
29 avril 2009 @ 13:36
Je ne sais pas pourquoi je ne le fais pas. Parce que je suis bête sans doute! Ou peut-être que ce n'est pas ma manière à moi. Vous savez, je ne doute pas réellement de l'intérêt qu'on puisse avoir pour moi à certaines occasions. Je ne suis pas une timide de ce type-là. Mes très chers, vous savez bien que je suis une fière et une arrogante. Je suis timide devant mon bouillonnement, si j'explosais tout le temps, ça serait indécent. Je me retiens, j'ai appris à arrêter de parler, à tenter de dissimuler ce qui me tient à coeur. Ça ne fonctionne pas fort l'entreprise de dissimulation! On me l'a rappelé l'autre jour à mon grand désespoir : je suis un livre ouvert! Ah merde! Le plus terrible, c'est que dans cette occasion, c'est mon dégoût que j'ai divulgué à mon insu. De toute évidence, je dis n'importe quoi avec mon histoire de dissimulation. Je ne sais rien dissimuler. C'est bien évident. Même quand je ne parle pas, je ne dissimule rien. Aussi bien parler alors! Je me suis toujours dit que c'était overrated ou impossible. Avec tant de gens, je n'ai rien à dire, et avec les autres, j'aurais trop à dire.  

Depuis la semaine dernière, je vais au club de boxe tous les matins. C'est ma nouvelle routine. Nous faisons beaucoup de pad work. On dirait que je me rends au combat chaque jour. Même si les coups sont prévus à l'avance, trente à quarante minutes de pad work tous les matins donnent réellement le sentiment de s'être battue. Je me bats le matin et ensuite je redeviens la doctorante sérieuse que je suis. C'est étrange cette sensation. Lorsque je marche du club à chez moi, j'ai pendant quelques minutes un sentiment de guerrier. Je vais devenir une de ces débiles qui rêvent de se faire attaquer pour devenir le héros du jour. Cette nuit, j'ai vraiment rêvé que je me battais dans la rue. Ce n'est pas la première fois. Je crois que le documentaire que nous avons regardé récemment sur le mouvement anti-fa en France n'a pas aidé. Ça a accentué toutes mes pensées liées aux combats de rue. 

Sans pourtant les réaliser, j'ai décidé de faire quelque chose en relation avec ces différents désirs : celui de parler davantage, celui de me battre. J'ai envoyé les premières pages à Julie, ma critique littéraire absolue! Si elle dit que c'est de la merde, je détruis tout. On en entendra plus parler. Peut-être que ça va fonctionner cette fois. Pour la première fois, dans un projet solo, je tiens une histoire et une forme pour la raconter. 
 
 
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26 avril 2009 @ 15:06
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Je ne sais pas de toute manière comment ça pourrait être vécu autrement. C'est la seule manière que je connais, tout aussi misérable soit-elle. Mon esprit s'égare si aisément. Pour tout vous dire, puisque nous sommes dans l'intimité ici, mon esprit cherche sans arrêt à s'évader. Il n'y a rien que je puisse faire pour le retenir. Je n'ai rien d'une dure par les temps qui courent, rien d'une indépendante non plus. Et puis franchement, je passe tellement d'heures à regretter qu'elle ne soit pas là, que ça devient lassant. Je n'ose pas imaginer ce que ce serait si elle partait vraiment, elle ne part que pour le travail et ça me paraît horrible. Pendant le reste de mon temps, je me répète inlassablement que je ne suis plus assez sérieuse, qu'il est déjà trop tard.

Je suis sérieuse à la boxe, c'est là que je consacre toutes mes énergies pour vrai comme je savais le faire avant dans ma vie intellectuelle. Avant lorsque l'étudiante triste parvenait à être efficace et rigoureuse, avant que je me transforme en étudiante à la dérive alors que la tâche n'est pas si impossible. Dans mon cours de boxe cette semaine, j'étais en équipe avec une fille peu motivée. Je n'ai pas besoin de vous préciser que ça ne me plaisait pas. Mais étrangement, je suis incroyablement patiente à la boxe, alors honnêtement ça ne me dérange pas tant que ça. De toute façon, les filles « bad ass » plus motivées me gênent, je n'ose pas leur proposer de se mettre en équipe avec moi. Il me faut faire avec ma condition de timide. La fille non motivée a abandonné au milieu d'un exercice de sprint avec des gros ballons très lourds. Elle a dit à notre prof : « Là, j'ai vraiment atteint ma limite ». Il l'a regardait avec un air baveux : « Et c'est parfait. Dans l'entraînement, on cherche à dépasser nos limites. C'est bon, continue. » Elle n'a pas continué et le coach m'a dit de prendre le ballon et de courir malgré l'abandon de ma partenaire. Ce que j'ai fait, bien évidemment! Je fais tout sans chialer. Que c'est beau! 

Ce qui était fascinant dans la scène, c'est la confrontation entre deux façons complètement différentes de voir le sport. Évidemment si elle ne veut pas brusquer ses limites et porter violence à son corps, le cours de boxe n'est pas le meilleur endroit. Elle me disait dans un autre exercice qu'elle avait mal aux jambes parce que nous étions toujours dans la même position. Je lui ai dit : « Eh c'est ça la boxe, ça ne risque pas de changer ». Eh bien voilà, pour faire un lien avec le début de cette entrée, c'est ça aussi la vie intellectuelle. Je dois me tenir toujours dans la même position entre la déprime et l'exaltation, entre mon esprit qui s'égare et une grande concentration. 
 
 
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15 avril 2009 @ 08:29
Je me demande souvent si ce n'est pas moi qui a un problème. J'ai l'impression que tant de choses qui devraient pourtant m'intéresser m'ennuient. J'en discutais hier avec l'amoureux qui me rassurait. Mes semblables m'ennuient parce qu'ils écrivent sans se préoccuper de la totalité. C'est la justification, en apparence pompeuse (en apparence seulement!), que je me donne. J'ai l'impression parfois que l'université a rendu tous les objets d'étude pertinents et que personne ne ressent le besoin de trouver une cohérence plus générale pour justifier leurs intérêts. On avance sans se soucier d'une grande cohérence générale, ou plus précisément, on avance sans se soucier des grandes tensions entre les contradictions qui régissent le monde. Employer des moyens abstraits pour des intérêts concrets m'apparaît être la seule utilité de la théorie. On manque d'intérêts concrets. On oublie aisément que le monde existe et qu'il se torche de la littérature. De toute façon, à partir du moment où les universitaires oublient d'être des intellectuels, ça sent la mort.
 
 
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