Nous sommes en mode : lecture de journaux, promenades dans le quartier et visites d'appartement. C'est notre activité principale la fin de semaine. Hier matin, nous allions visiter un 5 et demi incroyablement pas cher, à deux pas du célèbre bar Davidson sur la rue Davidson même. Il est très très grand et assez beau, quoique qu'assez mal entretenu. Le propriétaire habite le rez-de-chaussée et l'appartement occupe le troisième étage entier. Quelque chose de bien donc. Le monsieur semble vouloir nous le louer. Nous rencontrons ensuite son fils, un charmant jeune homme qui doit fréquenter le bar Davidson et le salon de quilles Davidson, le lieu hot du coin (ce n'est pas une blague toute la jeunesse rebelle de HoMa se tient au salon de quilles). Enfin, passons, ce n'était pas très important. Il nous demande de nous asseoir à sa table pour remplir un de ces vieux formulaires mal photocopiés. Il passe les questions une à une. C'est long. On se sent un peu prises par l'exercice. Il écrit nos réponses. À la toute fin, il arrive sur la section sur les animaux. « Vous n'avez pas d'animaux? » «Euh, oui, des chats». Le mec devient rouge. Il est vraiment furieux. Je suis une hystérique, une colérique, mais j'ai l'avantage de ne jamais rougir. Je ne sais pas il doit y avoir un gêne qui me manque. Lui, il avait ce gêne qui me fait défaut. Ces yeux devenaient fous, comme les yeux de nos chats quand ils ont des réminescences d'un passé originaire de chasseur. Il a crié : « Il n'y a pas d'animaux dans mes logements ». Il a répété pour être certain que ça nous rentre en tête : « Il n'y a pas d'animaux dans mes logements ». Évidemment, nous cherchons un appartement pour la famille entière. Les félins ne sont pas une option. Nous habitons à cinq. En plus la compagnie féline est de plus en plus organisée et solidaire, je vous jure, c'est quelque chose de les voir. Julie lui a dit : « Bon, d'accord, c'est là que ça s'arrête ». Le bonhomme était furieux. Il m'a calissé sa jambe blessée dans la face en criant que c'était des puces de chat qui lui avait fait ça. « Des puces de chat! Des puces de chat ! 1000$ pour s'en débarasser! ». Nous n'étions pas au royaume de la santé mentale chez lui. Vous vous en doutez. Nous sommes parties vivement secouées et assez hargneuses. Quel idiot!
Nous avions rendez-vous sur Bourbonnière pour visiter un autre cinq et demi loin des métros, autant de Pie-IX que de Joliette. Notre animateur de visite était un homme assez coloré. Il est arrivé avec un cahier spirale et un crayon. L'appartement était intéressant, réellement. Un peu cher pour sa non-proximité des métros. 750$ pour habiter entre Adam et Ste-Catherine sur Bourbonnière, ce n'est pas le deal de l'année. En plus, l'escalier principal était une ruine. L'appartement n'était pas très bien entretenu non plus. Il y avait toutefois un puit de lumière extraordinaire dans la salle de bain et à l'entrée qui donnait tout le charme au lieu. Nous étions intéressée par l'appartement. Le concierge nous a posé quelques questions pour la propriétaire. En même temps entre les questions, il nous racontait sa vie. Même si les histoires étaient assez particulières, il parlait décidément trop. Nous étions des auditrices exemplaires : sourires, rires, « ah oui?» au bon moment. Nous sommes bon public. Je crois que nous avons tenu le coup pendant une heure. Une rude épreuve, je vous jure. Il était sympatique. Je crois vraiment que le gars est travaillant et débrouillant. Ce n'est pas notre concierge actuel. Ses histoires n'avaient pas de sens et il était totalement désinhibé. Il nous parlait de grosses graines, de pute, de salope... (Il ne parlait pas de nous!) J'aime la vulgarité. Je le trouvait drôle, mais j'avoue que ça ébranle lors d'un premier contact.
Et puis, ensuite, trou noir! On oublie tout le passé parce qu'on visite sur Adam notre appartement de rêve, un cinq et demi encore. J'espère que ça va marcher. Cet appartement-là, c'est en soi un événement. Quand on dit que les portes d'armoire sont tellement belles que j'ai eu une émotion, ça vous donne la mesure. La chambre est immense, la cuisine est magnifique avec une salle à manger en plus, le salon est à aire ouverte, le bureau est tout chou, les balcons sont plein de verdure. En principe, tout va bien. La propriétaire nous a téléphoné tantôt pour nous dire que la demande avait été envoyée. Si elle nous appelle le dimanche pour nous tenir au courant, je crois que c'est bon signe. J'ai parlé à notre propriétaire actuel hier en sortant de l'appartement de rêve. Il nous laisse partir sans pénalité. Tout va bien. Je crois que nous sommes nées sous une bonne étoile. Nous avons un rendez-vous sur Cuvillier, encore près du bar Davidson, lundi soir. Je suppose que nous allons nous y rendre pour la forme. Il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant qu'il soit tué. Je n'ai tellement plus envie de voir des appartements. Si nous ne déménageons pas sur Adam, je jure que je vais pleurer et je ne pleure pas souvent, alors vous voyez ce que ça veut dire!
Je voulais en parler, mais j'ai oublié. La semaine dernière, nous avions visité un appartement sur Nicolet à deux pas du métro. Il était bien, mais bien trop petit pour nous, malgré sa terrasse arrière dans la verdure. Le propriétaire ressemblait tellement à Steve Buscemi dans Ghost World. Nous songions presque à le prendre (le logement pas le propriétaire!) juste pour vivre à proximité d'un Seymour.
Nous avions rendez-vous sur Bourbonnière pour visiter un autre cinq et demi loin des métros, autant de Pie-IX que de Joliette. Notre animateur de visite était un homme assez coloré. Il est arrivé avec un cahier spirale et un crayon. L'appartement était intéressant, réellement. Un peu cher pour sa non-proximité des métros. 750$ pour habiter entre Adam et Ste-Catherine sur Bourbonnière, ce n'est pas le deal de l'année. En plus, l'escalier principal était une ruine. L'appartement n'était pas très bien entretenu non plus. Il y avait toutefois un puit de lumière extraordinaire dans la salle de bain et à l'entrée qui donnait tout le charme au lieu. Nous étions intéressée par l'appartement. Le concierge nous a posé quelques questions pour la propriétaire. En même temps entre les questions, il nous racontait sa vie. Même si les histoires étaient assez particulières, il parlait décidément trop. Nous étions des auditrices exemplaires : sourires, rires, « ah oui?» au bon moment. Nous sommes bon public. Je crois que nous avons tenu le coup pendant une heure. Une rude épreuve, je vous jure. Il était sympatique. Je crois vraiment que le gars est travaillant et débrouillant. Ce n'est pas notre concierge actuel. Ses histoires n'avaient pas de sens et il était totalement désinhibé. Il nous parlait de grosses graines, de pute, de salope... (Il ne parlait pas de nous!) J'aime la vulgarité. Je le trouvait drôle, mais j'avoue que ça ébranle lors d'un premier contact.
Et puis, ensuite, trou noir! On oublie tout le passé parce qu'on visite sur Adam notre appartement de rêve, un cinq et demi encore. J'espère que ça va marcher. Cet appartement-là, c'est en soi un événement. Quand on dit que les portes d'armoire sont tellement belles que j'ai eu une émotion, ça vous donne la mesure. La chambre est immense, la cuisine est magnifique avec une salle à manger en plus, le salon est à aire ouverte, le bureau est tout chou, les balcons sont plein de verdure. En principe, tout va bien. La propriétaire nous a téléphoné tantôt pour nous dire que la demande avait été envoyée. Si elle nous appelle le dimanche pour nous tenir au courant, je crois que c'est bon signe. J'ai parlé à notre propriétaire actuel hier en sortant de l'appartement de rêve. Il nous laisse partir sans pénalité. Tout va bien. Je crois que nous sommes nées sous une bonne étoile. Nous avons un rendez-vous sur Cuvillier, encore près du bar Davidson, lundi soir. Je suppose que nous allons nous y rendre pour la forme. Il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant qu'il soit tué. Je n'ai tellement plus envie de voir des appartements. Si nous ne déménageons pas sur Adam, je jure que je vais pleurer et je ne pleure pas souvent, alors vous voyez ce que ça veut dire!
Je voulais en parler, mais j'ai oublié. La semaine dernière, nous avions visité un appartement sur Nicolet à deux pas du métro. Il était bien, mais bien trop petit pour nous, malgré sa terrasse arrière dans la verdure. Le propriétaire ressemblait tellement à Steve Buscemi dans Ghost World. Nous songions presque à le prendre (le logement pas le propriétaire!) juste pour vivre à proximité d'un Seymour.
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