19 mai 2008 @ 07:43
Kings and Queens and criminal queers  
Il se déroule bien des choses horribles dans Pompes funèbres et pourtant, pour moi, la pire d'entre toutes fut de lire le récit d'un meurtre d'un chat. Le personnage était affamé. Ça justifiait l'assassinat de la bête. J'aurais eu quand même besoin d'un de ces cruels non-amoureux des chats pour qu'il lise les pages à ma place et qu'il me les raconte ensuite en m'épargnant les détails pénibles du meurtre qui fut si difficile à commettre. Le personnage se reprend plusieurs fois, ce qui rend le récit encore plus pénible. Il me semble que le récit du chat mort n'est pas aussi difficile à lire dans Cosmos de Gombrowicz. J'ai oublié le titre du film, mais je voulais voir un film l'autre jour (un film d'horreur indépendant bien marginal et probablement minable) qui fut célèbre pour sa radicalité et aussi pour avoir filmé un vrai meurtre de chat. Julie a refusé tout éventuel visionnement, comme elle refuse de voir Cannibal Holocaust pour les horribles tortures réelles infligées aux tortues. Je lui en suis reconnaissante. J'ai eu tant de mal à lire trois pages de Genet. Je ne crois pas être suffisamment solide pour regarder ces choses odieuses à l'écran et ne crois pas que ça mérite d'être vues.

En lisant Jean Genet, il me prend parfois des rêveries où j'aimerais être un homme gai. N'allez pas croire que j'ai un problème d'identité sexuelle, loin s'en faut. Je ne crois pas du tout à la fluidité des genres. Je suis une femme dans mon corps comme dans ma tête. Il reste que je peux trouver ça chouette les enculades homosexuelles dans les fonds de ruelle. Je sais que ça ne l'est pas, en réalité, et que la vie d'homme gai ne doit pas être toujours très agréable. Je m'imagine mal passer une vie entière à laisser des messages sur des boîtes vocales : « Amelien, 26 ans, uncut, 8 pouces, top, disponible de jour ». Une spécialiste de la rencontre, dont je tairai le si doux prénom, m'a raconté que ça se passait de cette façon entre certains hommes gais de nos jours.

Sur ce, mes braves, j'enfile Notre-Dame-des-Fleurs. Si je suis assez productive, j'espère commencer le Miracle de la rose aujourd'hui. Il pleut malheureusement, je ne pourrai pas me prélasser sur un de mes balcons ou sortir dans un parc. Ah la vie est bien cruelle!
 
 
Musique actuelle: Coco Rosie - Beautiful Boyz
 
 
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[info]madrigual on le 20 mai 2008 17:48 (UTC)
Cannibal Holocaust mérite d'être vu, c'est plus qu'un simple film d'horreur cheap et cheesy.. Il y a un petit quelque chose d'extra, comme certains autres films de Deodato (voire House on the edge of the park)

Mais bon, c'est sûr qu'il aurait été préférable que tu le vois alors que tu avais 18-20 ans, le côté immature du film n'aurait pas été aussi flagrant..

Enfin, c'est un bel effort.. Dans le genre horreur, c'est assez exceptionnel qu'un film parvient à se démarquer!

Et pour ce qui est de la scène de la tortue.. Il faut considérer que le film se déroule dans la jungle, et que dans la jungle, tu ne peux pas acheter de la viande dans un supermarché, déjà découpée, emballée et pré-cuite; c'est de la consommation pour la survie. C'est un peu irrationnel comme réaction! Surtout que c'est loin d'être la scène dérangeante du film..!
[info]mmelovecraft on le 22 mai 2008 01:15 (UTC)
Tu as raison, j'oubliais que la scène de la tortue était une scène de chasse. Ce que je n'avais pas dit à Julie... Ça change tout en effet!

Le meurtre du chat dans Pompes funèbres est très loin d'être la scène dérangeante du roman d'ailleurs. C'est aussi une scène de chasse même si elle ne participe pas à un rituel, comme dans Cannibal Holocaust. Il y a un meurtre d'enfant plus loin qui est totalement gratuit et bien plus troublant. Je trouvais assez ironique d'avoir plus de mal à lire la scène à propos de la mort du félin.
[info]madrigual on le 22 mai 2008 04:40 (UTC)
Oui, c'est un phénomène assez répandu..

On a plus de pitié pour ces petites bêtes super mignones que pour des humains.

Puis c'est comprenable, on est assez horrible avec nos longs membres, notre poils répandu avec parcimonie et notre rire dérangeant! Rien de doux et chatoyant comme le ronronnement d'un petit chat tout chaud :P
[info]madrigual on le 20 mai 2008 17:52 (UTC)
Haha ! Et je comprends très bien tes rêveries d'homme gai en lisant Genet.. j'ai des fantasmes similaires quand je lis Burroughs, l'envi me prendre de devenir un camé homosexuel, horrible insecte croulant le sol en quête d'anus flasques...

Mais heureusement rien de cela ne m'attire lorsque je me réveille le matin :P

Je dirais que l'auteur qui m'a le plus inspiré dans la décadence est G. Bataille; sa sensualité a préfiguré bien des déboires chez moi..
[info]mmelovecraft on le 22 mai 2008 01:24 (UTC)
Haha! Tu y renonces le matin, mais tu pourrais concrétiser! Ça change tout. Pour ma part ce sont des rêveries qui ne pourraient même pas passer à la concrétude, même si j'ai connu la proximité des hommes. Je n'enfilerai jamais un cul masculin pour vrai, ou enfin, directement.

J'aime beaucoup Burroughs aussi! Pour des raisons fort similaires d'ailleurs. En lisant Genet, je repense à la scène initiale dans Western Lands. Mes souvenirs sont flous, mais ça ressemble un peu au style de Genet.

Je devrais relire Bataille. J'ai des souvenirs favorables de mes quelques lectures, mais ô combien imprécis. On oublie si vite, même les bonnes choses parfois.

Edited at 2008-05-22 01:25 (UTC)
[info]madrigual on le 22 mai 2008 04:42 (UTC)
Bataille.. ahh Bataille.. l'excès est si sensuel, angoissant et ennivrant avec lui..