24 août 2008 @ 15:41
La complicité  
Je dois bien avouer que je ne sais pas si j'aime vraiment Wes Anderson. Il ne me reste que Djarleeling Limited à regarder, sinon j'ai vu tous ses films. Il n'y a pas beaucoup! Ce n'est une grosse affaire.  J'aime bien aussi parce qu'ils construisent des univers originaux et un peu à part du monde. À ma grande surprise, j'aime même les personnages de dramaturge dans Rushmore et dans The Royal Tenenbaums. Je crois que Wes Anderson est un meilleur scénariste que réalisateur. Je sais que c'est une critique facile, mais il me semble que les faiblesses sont au niveau de la réalisation. Julie m'a communiqué une haine pour la musique mal intégrée dans les films. Wes Anderson est le roi de la musique mal intégrée. Au début de Royal Tenenbaums, l'ostie des chansons des Beatles m'a fait presque arrêter le film immédiatement. C'est un moyen cheap de toucher le coeur de mes contemporains, et comme le dit Philippe Muray, mes contemporains aiment être touchés par le coeur précisément. La musique est plus intéressante dans The Life Aquatic with Steve Zissou. N'empêche qu'on s'en serait passé. Je suppose que les fans de Wes Anderson pensent le contraire, sans doute l'aime-t-on pour la présence de la musique dans ses films...

Je crois que mon film préféré est Rushmore. Comment ne pas être séduit par Max Fischer cet entrepreneur et dramaturge passionné? À part  les qualités de Fischer, je crois que ce qui m'intéresse le plus dans le film, c'est la représentation de l'amitié, et non celle de l'amour. Entre Rosemary Cross, qui ne veut pas de lui parce qu'il n'a que 15 ans, et Max Fischer, il y a surtout une belle histoire d'amitié passionnée, comme celle qu'il possède aussi avec Herman Blume ou avec le jeune Dirk Calloway. Les trois personnages masculins finissent tous par se trahir, mais c'est pour revenir tous les trois plus près ensuite. Ce que j'aime c'est les profondeurs de leur complicité. Même si Rosemary déplore les comportements enfantins et hors-la-loi de Max et d'Herman, on sent l'amusement et le respect qu'elle accorde quand même à ces moyens dégénérés qu'ils ont employés pour exprimer leur jalousie, moyens démesurés qu'ils emploieront  aussi pour la séduire. Elle fait entièrement partie de la bande d'amis improbables. Malgré la méchanceté de Max à son égard, Margeret Yang s'y joindra ensuite. Ce qui est intéressant et que je trouve fascinant, c'est qu'on ne pourrait pas trouver un trait commun ou un intérêt qui pourraient expliquer leur amitié (sauf entre Max et Margaret). C'est juste comme ça. De toute évidence, ils sont complices, même si rien ne pourrait le laisser croire. Ils semblent être liés pour toujours.

Rosemary Cross : You know, you and Herman deserve each other. You're both little children. (dit, je le rappelle, avec un des ces accents anglais que je ne commente pas afin d'éviter d'être indécente!)