29 avril 2009 @ 13:36
Negativ Nein  
Je ne sais pas pourquoi je ne le fais pas. Parce que je suis bête sans doute! Ou peut-être que ce n'est pas ma manière à moi. Vous savez, je ne doute pas réellement de l'intérêt qu'on puisse avoir pour moi à certaines occasions. Je ne suis pas une timide de ce type-là. Mes très chers, vous savez bien que je suis une fière et une arrogante. Je suis timide devant mon bouillonnement, si j'explosais tout le temps, ça serait indécent. Je me retiens, j'ai appris à arrêter de parler, à tenter de dissimuler ce qui me tient à coeur. Ça ne fonctionne pas fort l'entreprise de dissimulation! On me l'a rappelé l'autre jour à mon grand désespoir : je suis un livre ouvert! Ah merde! Le plus terrible, c'est que dans cette occasion, c'est mon dégoût que j'ai divulgué à mon insu. De toute évidence, je dis n'importe quoi avec mon histoire de dissimulation. Je ne sais rien dissimuler. C'est bien évident. Même quand je ne parle pas, je ne dissimule rien. Aussi bien parler alors! Je me suis toujours dit que c'était overrated ou impossible. Avec tant de gens, je n'ai rien à dire, et avec les autres, j'aurais trop à dire.  

Depuis la semaine dernière, je vais au club de boxe tous les matins. C'est ma nouvelle routine. Nous faisons beaucoup de pad work. On dirait que je me rends au combat chaque jour. Même si les coups sont prévus à l'avance, trente à quarante minutes de pad work tous les matins donnent réellement le sentiment de s'être battue. Je me bats le matin et ensuite je redeviens la doctorante sérieuse que je suis. C'est étrange cette sensation. Lorsque je marche du club à chez moi, j'ai pendant quelques minutes un sentiment de guerrier. Je vais devenir une de ces débiles qui rêvent de se faire attaquer pour devenir le héros du jour. Cette nuit, j'ai vraiment rêvé que je me battais dans la rue. Ce n'est pas la première fois. Je crois que le documentaire que nous avons regardé récemment sur le mouvement anti-fa en France n'a pas aidé. Ça a accentué toutes mes pensées liées aux combats de rue. 

Sans pourtant les réaliser, j'ai décidé de faire quelque chose en relation avec ces différents désirs : celui de parler davantage, celui de me battre. J'ai envoyé les premières pages à Julie, ma critique littéraire absolue! Si elle dit que c'est de la merde, je détruis tout. On en entendra plus parler. Peut-être que ça va fonctionner cette fois. Pour la première fois, dans un projet solo, je tiens une histoire et une forme pour la raconter. 
 
 
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