29 mai 2009 @ 10:32
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Ma mère tenait très fort à nos activités mère-fille. C'est comme ça dans le régime matriarcal de ma famille, je suis sa grande fille, sa seule fille et la seule petite-fille de ma grand-mère maternelle. Il fallait que l'expérience des femmes de ma famille puisse se transmettre à travers les sorties mère-fille. Ma mère a tout fait pour faire de moi une sombre jeune femme. Elle ne s'en doute pas et après elle me fera des commentaires désobligeants sur mes vêtements noirs! Une de nos activités mère-fille se passait dans les salons funéraires. Une fois, ma mère m'avait demandé si je voulais l'accompagner au salon funéraire et ensuite c'est devenu une tradition. Elle me disait : « Ma grande, on doit aller au salon ce soir ». Et nous y allions.

J'étais toute contente de la suivre. La première fois, je voulais vraiment voir un cadavre. Je ne comprenais pas qu'on expose les morts dans des salons. Je me disais que j'allais m'évanouir à la seule vue du mort. J'y suis allée tout de même angoissée mais si curieuse! Je savais que ma mère avait souvent vu et touché des cadavres. Je me demandais comment ça se pouvait. Chaque fois que je voyais une émission à la télévision avec des morts dans un hôpital, je me demandais comment ma mère pouvait arriver à exercer son métier. Ma mère connaissait bien des secrets sur la vie de plus que moi, elle connaissait aussi ceux des morts. Je ne me suis pas évanouie. 

Nous allions souvent au salon funéraire. Le métier de ma mère a fait que nous avions tant d'occasions de pratiquer notre activité mère-fille. J'étais une jeune fille sage et polie qui accompagnait sa mère. Je ne connaissais pas les morts, ni les familles. Je faisais ma cute petite fille. Je suivais ma mère et j'allais serrer la main des proches du mort. Ensuite je jetais un coup d'oeil sur le cadavre sans m'approcher du corps. Il y avait souvent quelqu'un qui se recueillait près du cercueil. Dans quelques occasions, le cercueil était fermé. On ne pouvait pas voir le mort. Toutes les fois où je suis allée, je n'ai jamais vu d'urne. Il faut croire que les urnes n'avaient pas la cote à Sherbrooke et que nous avions de l'espace pour les cercueils. 
 
 
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(anonyme) on le 30 mai 2009 10:25 (UTC)
à Lovecraft
Certainement ne sont-ils pas dans des urnes car ils ne sont pas tout à fait morts.
Florence SIS.