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  <title>déprime explosive</title>
  <subtitle>C’est le point culminant uniquement qui m’intéresse en toute chose.</subtitle>
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    <name>Amélie Paquet</name>
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  <updated>2009-11-10T19:29:39Z</updated>
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    <title>Il est temps! </title>
    <published>2009-11-10T19:14:05Z</published>
    <updated>2009-11-10T19:29:39Z</updated>
    <content type="html">J'ai d&amp;eacute;cid&amp;eacute; de recommencer &amp;agrave; &amp;eacute;crire plus r&amp;eacute;guli&amp;egrave;rement ici. Julie m'a dit qu'elle s'ennuyait de pouvoir me lire. Puisque je vise &amp;agrave; plus ou moins long terme le titre de super amoureuse, en plus du titre de super humain, je dois r&amp;eacute;pondre &amp;agrave; ses d&amp;eacute;sirs. Honn&amp;ecirc;tement, j'oubliais &amp;agrave; quel point &amp;ccedil;a me fait du bien. Je suis vraiment construite pour le blogue. &amp;Ccedil;a correspond &amp;agrave; moi, &amp;ccedil;a r&amp;eacute;pond &amp;agrave; merveille &amp;agrave; mes &amp;eacute;tats d'&amp;acirc;me. J'aime aussi, bien s&amp;ucirc;r, prendre le temps d'&amp;eacute;crire dans d'autres cadres. L'un n'exclut pas l'autre.&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une dizaine de jours me s&amp;eacute;pare de mon examen doctoral et je suis tellement peu stress&amp;eacute;e que mon calme finira peut-&amp;ecirc;tre par m'angoisser. Je relis mes romans et je me dis que j'ai fait les meilleurs choix du monde. J'ai l'impression que je suis pr&amp;ecirc;te depuis si longtemps que je ne suis pas perturb&amp;eacute;e par l'arriv&amp;eacute;e r&amp;eacute;elle de cet examen. Je me dit seulement : &amp;laquo; Enfin! &amp;raquo;.&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'assiste avec l'homme &amp;agrave; un cours de philosophie sur la colline cette session. Je trouve tr&amp;egrave;s difficile de suivre dans un cours de bac, plus que je ne le croyais. Il faut dire que le prof est un peu trop lent. Ce n'est pas parce que je serais trop intelligente pour la mati&amp;egrave;re. Non, non, il est juste vraiment lent! Et en plus, il charcute comme un universitaire convaincu un penseur que j'adore qui selon moi ne pouvait pas &amp;ecirc;tre touch&amp;eacute; par les grandes entreprises de destruction de la pens&amp;eacute;e propre &amp;agrave; l'institution. Eh bien, non, m&amp;ecirc;me le plus r&amp;eacute;sistant des penseurs peut &amp;ecirc;tre mis &amp;agrave; mort par l'universit&amp;eacute;, c'est dangereux. Je ne savoure plus avec autant d'intensit&amp;eacute; qu'avant les cours (sauf les cours des tr&amp;egrave;s grands profs qui ne s'&amp;eacute;puiseront jamais). Je sens que je suis de plus en plus pr&amp;ecirc;te &amp;agrave; &amp;ecirc;tre de l'autre c&amp;ocirc;t&amp;eacute; et &amp;agrave; sauver, enfin, les penseurs et les &amp;eacute;crivains du d&amp;eacute;sastre, m&amp;ecirc;me &amp;agrave; l'int&amp;eacute;rieur des cadres de l'universit&amp;eacute;.&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br type="_moz" /&gt;</content>
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    <title>Au gym</title>
    <published>2009-11-05T18:01:23Z</published>
    <updated>2009-11-06T00:33:57Z</updated>
    <content type="html">Je r&amp;eacute;alisais l'autre jour que mes coachs de boxe sont vraiment compl&amp;eacute;mentaires. Si on veut les d&amp;eacute;crire grossi&amp;egrave;rement,&amp;nbsp;&amp;nbsp;il y a le gentil et le pas gentil. Le gentil est le meilleur pour enseigner la technique et la strat&amp;eacute;gie. Le pas gentil, qui est le propri&amp;eacute;taire du club de boxe, enseigne tr&amp;egrave;s bien la rigueur et le conditionnement physique. J'ai d&amp;eacute;velopp&amp;eacute; une relation de travail amicale avec le gentil. Ce qui n'est pas &amp;eacute;vident malgr&amp;eacute; son surnom. Il n'est pas si difficile d'acc&amp;egrave;s, mais il est une personne assez r&amp;eacute;serv&amp;eacute;e. Deux personnes r&amp;eacute;serv&amp;eacute;es ensemble prennent du temps &amp;agrave; construire une relation! On se parle tr&amp;egrave;s peu. La relation est physique, elle s'est d&amp;eacute;velopp&amp;eacute;e dans le travail en boxe. J'apprends avec lui comment les boxeurs se montrent leur affection. &amp;Ccedil;a n'a pas toujours besoin d'&amp;ecirc;tre verbalis&amp;eacute;. L'affection se d&amp;eacute;montre par un ensemble de gestes et par la g&amp;eacute;n&amp;eacute;rosit&amp;eacute; et l'ouverture de l'autre dans le travail &amp;agrave; deux. Avec le gentil, j'ai vraiment l'impression d'avoir d&amp;eacute;velopp&amp;eacute; ma technique dans les derni&amp;egrave;res semaines. Lorsque je suis en &amp;eacute;quipe pour le pad work avec des d&amp;eacute;butants, je me sens &amp;eacute;videmment la pro de la boxe. J'ai encore bien du travail &amp;agrave; faire, mais de toute &amp;eacute;vidence, je ne suis plus une d&amp;eacute;butante. J'ai des r&amp;eacute;flexes qui font que les r&amp;eacute;p&amp;eacute;titions sont plus faciles pour moi. Je suis assez pr&amp;eacute;cise dans mes coups, mes r&amp;eacute;flexes sont d&amp;eacute;velopp&amp;eacute;s. Je dois apprendre, &amp;agrave; mon avis, &amp;agrave; mettre du relief. C'est une fille tr&amp;egrave;s avanc&amp;eacute;e, une tueuse, avec qui j'&amp;eacute;tais en &amp;eacute;quipe qui m'a dit : &amp;laquo; Met du relief! &amp;raquo;. Elle m'a expliqu&amp;eacute; apr&amp;egrave;s ce qu'elle voulait dire. Elle me disait de r&amp;eacute;fl&amp;eacute;chir &amp;agrave; ma combinaison avant de la faire et de choisir la puissance de mes coups selon la s&amp;eacute;quence pour mettre le maximum de ma force dans les moments clefs de ma combinaison. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le coach gentil est vraiment un passionn&amp;eacute; de boxe et de combats extr&amp;ecirc;mes. Ce n'est pas pour rien qu'il est bon pour enseigner la technique et la strat&amp;eacute;gie, &amp;ccedil;a para&amp;icirc;t lorsqu'il d&amp;eacute;crit des combats que c'est ce qui l'int&amp;eacute;resse. Alors que le pas gentil est tr&amp;egrave;s diff&amp;eacute;rent, il est bien plus obs&amp;eacute;d&amp;eacute; par la machine humaine que par le combat. Il nous fait des shows qui mettent en vedette sa belle souplesse, sa force, sa vitesse. Je crois que pour le pas gentil le combat est l'occasion de voir deux belles machines en action. Il est fascin&amp;eacute; par la d&amp;eacute;monstration de condition physique des boxeurs, plus que par la strat&amp;eacute;gie. &amp;Agrave; l'entra&amp;icirc;nement, il nous &amp;eacute;puise au maximum. Il ne tol&amp;egrave;re pas les paresseux, il n'y a pas de paresseux dans son club. On doit suer toutes les gouttes de notre corps. Nous aurons un cardio du tonnerre et nous serons muscl&amp;eacute;s en sortant de sa classe. Et nous serons souples! Le pas gentil ne fait jamais de bons commentaires. Vous connaissez maintenant l'origine de son surnom! Le gentil n'en fait pas &amp;eacute;norm&amp;eacute;ment non plus, puisqu'il est homme de peu de mots, mais on sent dans ses yeux l'encouragement. Dans les yeux du pas gentil, on se sent le m&amp;eacute;pris : &amp;laquo; Allez minable, sue, si tu veux boxer &amp;raquo;. Mais parfois, on sent un peu de reconnaissance vis-&amp;agrave;-vis certaines aptitudes physiques. L'autre jour, j'ai compris que le pas gentil me reconnaissait une certaine ma&amp;icirc;trise des principes de la boxe. Il veut seulement que je gagne de la vitesse. Il passe &amp;agrave; c&amp;ocirc;t&amp;eacute; de moi et me r&amp;eacute;p&amp;egrave;te sans cesse : &amp;laquo; Plus sec, plus sec &amp;raquo;. Quand j'aurai gagn&amp;eacute; de la vitesse, je suppose que j'aurai droit &amp;agrave; un autre de ces rares moments o&amp;ugrave; il exprime une certaine reconnaissance des acquis. &amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br type="_moz" /&gt;</content>
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    <title>Se met soudain à pleurer devant l'immensité du désastre</title>
    <published>2009-11-04T21:29:09Z</published>
    <updated>2009-11-05T14:25:09Z</updated>
    <lj:music>Current 93 - A Sad Sadness Song</lj:music>
    <content type="html">Il fallait bien que j'&amp;eacute;crive hier que je d&amp;eacute;sirais m'isoler pour que le lendemain, je me montre au grand jour. Monde, me voil&amp;agrave;, plus pr&amp;ecirc;te que jamais! Je suis sortie &amp;eacute;crire et finalement j'ai vu un livre en marchant devant la librairie. Je l'ai achet&amp;eacute; et je l'ai lu. J'ai annul&amp;eacute; mon programme de la journ&amp;eacute;e pour ce livre que j'ai lu pr&amp;egrave;s des grandes fen&amp;ecirc;tres de la grande biblioth&amp;egrave;que. C'&amp;eacute;tait si bon que je ne regrette pas d'avoir tout arr&amp;ecirc;t&amp;eacute; pour ce livre. Je pense que la vie devrait toujours comprendre ce luxe de pouvoir tout bousculer pour pouvoir se consacrer &amp;agrave; un livre, &amp;agrave; un livre qui parle de choses importantes. Il n'y a peut-&amp;ecirc;tre que les &amp;eacute;tudiants de doctorat comme moi (et ils sont trop cons pour savoir qu'ils sont chanceux) qui connaissent cette possibilit&amp;eacute;, qui n'est toutefois que de courte dur&amp;eacute;e.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me dis souvent que la vie quotidienne avec moi doit &amp;ecirc;tre insupportable. Il m'est arriv&amp;eacute; de dire dans des exc&amp;egrave;s de col&amp;egrave;re &amp;agrave; des personnes tr&amp;egrave;s ch&amp;egrave;res qu'elles m'&amp;eacute;taient insupportables. En r&amp;eacute;alit&amp;eacute;, c'est toujours moi que je ne supporte plus. Je ne supporte pas ma fragilit&amp;eacute;. J'ai tant r&amp;ecirc;v&amp;eacute; d'&amp;ecirc;tre plus forte que tout et je suis encore une femme fragile et trop sensible. Je n'arriverai jamais &amp;agrave; la duret&amp;eacute; r&amp;ecirc;v&amp;eacute;e. Je ne la veux plus d'ailleurs. Sauf &amp;agrave; quelques moments, dans ces instants o&amp;ugrave; je ne respecte pas les limites que je m'impose, je souhaite alors comme avant &amp;ecirc;tre totalement in&amp;eacute;branlable. &amp;Ccedil;a n'arrivera pas, j'ai renonc&amp;eacute;. Je ne serai jamais in&amp;eacute;branlable, je serai &amp;agrave; fleur de peau tout le temps. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;laquo; Tu pleures comme si je venais de mourir. &amp;raquo; Elle est l&amp;agrave; pourtant, &amp;agrave; c&amp;ocirc;t&amp;eacute; moi. Elle fait tout ce qu'elle peut pour calmer cette souffrance qui a explos&amp;eacute; tout d'un coup. Elle ne comprend rien, moi non plus sinon l'&amp;eacute;vidence de ma folie. Pendant presque une heure, j'ai tant pleur&amp;eacute; que je n'arrive plus &amp;agrave; parler. Je respire mal, elle m'aide &amp;agrave; me calmer. Dans ma t&amp;ecirc;te, c'est pire que tout. Je ne pense plus &amp;agrave; rien sinon &amp;agrave; l'angoisse, &amp;agrave; l'id&amp;eacute;e de l'angoisse qui me para&amp;icirc;t tellement trop immense pour moi. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un jour ma m&amp;egrave;re a vu le nom de ce blogue quelque part. Je ne sais plus o&amp;ugrave;. Elle m'a dit : &amp;laquo;&amp;nbsp;Am&amp;eacute;lie, tu n'es pas d&amp;eacute;prim&amp;eacute;e ? &amp;raquo;. J'y ai pens&amp;eacute; longtemps. Je me suis dit que ma m&amp;egrave;re, malgr&amp;eacute; tout mes efforts pour m'affranchir totalement, me connait trop bien. Je ne suis pas d&amp;eacute;pressive en effet et pourtant je porte une tristesse immense. Elle n'est peut-&amp;ecirc;tre pas la mienne, sans doute pas. Le jour o&amp;ugrave; je serai vraiment forte, tout en demeurant sensible, je comprendrai d'o&amp;ugrave; elle vient. Quand je serai une vieille sage, pas avant. C'est comme &amp;ccedil;a.&amp;nbsp;</content>
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    <title>Dans la nuit du 29 juin</title>
    <published>2009-11-03T20:00:53Z</published>
    <updated>2009-11-03T20:56:23Z</updated>
    <content type="html">J'&amp;eacute;coute depuis hier de la musique du diable sans arr&amp;ecirc;t. L'ambiance est &amp;agrave; la r&amp;eacute;jouissance lorsque je suis seule chez moi. L'homme de la maison et Julie sortent plus souvent dans le monde ext&amp;eacute;rieur que moi. &amp;Agrave; part pour la boxe et la natation, je sors peu. Je suis d'une humeur plut&amp;ocirc;t incompatible avec le monde ext&amp;eacute;rieur et j'ai le luxe de pouvoir m'isoler. Apr&amp;egrave;s plusieurs semaines &amp;agrave; me plonger dans la musique classique mur-&amp;agrave;-mur avec mes amoureux et &amp;agrave; parler tout le temps de musique classique, je me sentais incapable de retourner &amp;agrave; certaines de mes habitudes musicales (enfin pour un temps!). J'ai d&amp;eacute;cid&amp;eacute; hier que je n'&amp;eacute;coutais que des groupes sombres et exigeants comme Current 93, Death in June, Coil, Sol Invictus, Throbbing Gristle, Nurse with Wound... Je me suis dit en riant que j'&amp;eacute;coutais la musique du diable et je me suis rappel&amp;eacute;e que lorsque j'&amp;eacute;tais petite mon p&amp;egrave;re me disait que c'&amp;eacute;tait vrai que certains albums contenaient des messages subliminaux lorsqu'on les &amp;eacute;coutait &amp;agrave; l'envers. Mon p&amp;egrave;re m'a m&amp;ecirc;me racont&amp;eacute; qu'il avait jet&amp;eacute; ses vinyls avec les messages subliminaux. Il avait mentionn&amp;eacute; Pink Floyd. J'&amp;eacute;tais &amp;agrave; la fois effray&amp;eacute;e et morte de curiosit&amp;eacute;. &amp;Eacute;videmment, je me suis arrang&amp;eacute;e pour trouver des disques de Pink Floyd rapidement que j'&amp;eacute;coutais en l'absence de mon p&amp;egrave;re. Il me disait tr&amp;egrave;s s&amp;eacute;rieusement que si Dieu existait, il y avait aussi le diable. J'aimais beaucoup parler de la religion avec mon p&amp;egrave;re. Un &amp;eacute;t&amp;eacute;, j'allais &amp;agrave; des le&amp;ccedil;ons bibliques. C'&amp;eacute;tait peut-&amp;ecirc;tre mes premiers cours de litt&amp;eacute;rature. On &amp;eacute;tudiait les textes de la Bible. Je discutais toujours avec mon p&amp;egrave;re apr&amp;egrave;s mes le&amp;ccedil;ons, surtout des aspects sombres de l'Ancien Testament qui me passionnaient plus que les aventures de Jesus. Puisque mon p&amp;egrave;re croyait &amp;agrave; l'existence du diable, il ne voulait pas que je regarde &lt;em&gt;L'exorciste&lt;/em&gt;, parce qu'il disait qu'il n'y avait pas de blagues &amp;agrave; faire, les exorcistes existent.  J'ai bien s&amp;ucirc;r regard&amp;eacute; &lt;i&gt;L'exorciste&lt;/i&gt;&amp;nbsp;chez une amie&amp;nbsp;et j'ai eu tellement peur pendant des semaines. J'ai toujours &amp;eacute;t&amp;eacute; tr&amp;egrave;s sensible aux films d'horreur. C'est pour &amp;ccedil;a sans doute que j'en ai fait une passion.&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans mon &amp;eacute;coute intensive de musique sombre, j'ai surtout port&amp;eacute; mon attention sur Death in june. Ils &amp;eacute;crivent toujours des chansons dans lesquelles la Deuxi&amp;egrave;me Guerre mondiale est omnipr&amp;eacute;sente. Et Death in june n'est pas un groupe n&amp;eacute;o-nazi contrairement &amp;agrave; ce que la rumeur pr&amp;eacute;tend! Vraiment pas. Death in June fait une musique qui se plonge dans tous les aspects de l'horreur nazie pour la comprendre. La proximit&amp;eacute; entre la forme artistique et l'horreur la plus absolue est troublante. L'art ne divulgue pas de message, l'art ne divulgue encore moins de message politique. La libert&amp;eacute; de l'art est cette proximit&amp;eacute; avec l'horreur impossible ailleurs. Les oeuvres d'art sont les seules &amp;agrave; pouvoir frayer avec l'horreur sans y participer. Le leader de Death in june, Douglas Pearce, est passionn&amp;eacute; par&amp;nbsp;&lt;em&gt;Pompes fun&amp;egrave;bres &lt;/em&gt;de Jean Genet. Je l'&amp;eacute;coute en cherchant les traces du roman qui ne sont pas si &amp;eacute;videntes, bien que l'influence de Genet dans la musique de Death in june est partout. En lisant sur le groupe, j'ai appris que leur nom fait r&amp;eacute;f&amp;eacute;rence &amp;agrave; la Nuit des longs couteaux, l'&amp;eacute;pisode que raconte entres autres un film que j'adore :&amp;nbsp;&lt;i&gt;Les damn&amp;eacute;s&lt;/i&gt;&amp;nbsp;de Visconti. Dans le r&amp;eacute;cit de Visconti, l'emphase est mise sur l'homosexualit&amp;eacute; des SA. Les SS descendent tuer les SA pendant une orgie. L'homosexualit&amp;eacute; est aussi partout pr&amp;eacute;sente chez Death in June. Comme chez Genet, le corps du soldat est &amp;eacute;rotis&amp;eacute;. Il serait bien difficile pour moi de nier la compr&amp;eacute;hension sensible que j'ai de cette &amp;eacute;rotisation. Bien s&amp;ucirc;r, &amp;ccedil;a me touche, je ne lis pas Genet avec tant de passion pour rien. Je n'ai pas d'id&amp;eacute;e pour terminer ce texte, alors je vous laisse sur une chanson de Death in june qui cite &lt;em&gt;Pompes fun&amp;egrave;bres&lt;/em&gt;&amp;nbsp;(le vid&amp;eacute;o est fait par un fan qui utilise des images de &lt;i&gt;Eraserhead&lt;/i&gt; et d'&lt;i&gt;American Beauty&lt;/i&gt;):&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;lj-embed id="7" /&gt;&lt;br /&gt;</content>
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    <title>Les joies de la doctorante</title>
    <published>2009-10-06T17:41:35Z</published>
    <updated>2009-10-06T17:41:35Z</updated>
    <content type="html">Il y a des journ&amp;eacute;es comme &amp;ccedil;a o&amp;ugrave; le travail avance si vite et si bien que j'en suis effray&amp;eacute;e. Je me sens &amp;eacute;cras&amp;eacute;e sous le poids mon enthousiasme et j'ai peur de ne jamais r&amp;eacute;ussir &amp;agrave; tout &amp;eacute;crire. Tout s'encha&amp;icirc;ne trop bien. J'ai d&amp;eacute;cid&amp;eacute; d'entreprendre une nouvelle fa&amp;ccedil;on de travailler et &amp;ccedil;a fonctionne, j'avance &amp;agrave; une vitesse folle. Mon bonheur est trop grand pour &amp;ecirc;tre vrai. Quelle horreur!&amp;nbsp;J'ai bien raison de me plaindre.</content>
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    <title>La déception</title>
    <published>2009-09-28T13:31:15Z</published>
    <updated>2009-09-28T15:01:44Z</updated>
    <lj:music>The Magnetic Fields - The Death of Ferdinand de Saussure | Powered by Last.fm</lj:music>
    <content type="html">Je regrette rarement de m'&amp;ecirc;tre confi&amp;eacute;e. Je n'ai pas honte de mes sombres pens&amp;eacute;es ou des sombres aspects de ma personnalit&amp;eacute;. J'ai honte de mon comportement parfois. Sans doute parce que je ne me contr&amp;ocirc;le pas. Je suis une hyst&amp;eacute;rique... mais bon, c'est un autre sujet. Lorsque je dis quelque chose de tr&amp;egrave;s intime &amp;agrave; quelqu'un, je ne regrette jamais de l'avoir dit ou de m'&amp;ecirc;tre r&amp;eacute;v&amp;eacute;l&amp;eacute;e. &amp;Ccedil;a n'enl&amp;egrave;ve pas que je puisse &amp;ecirc;tre f&amp;acirc;ch&amp;eacute;e apr&amp;egrave;s, f&amp;acirc;ch&amp;eacute;e d'avoir dit quelque chose &amp;agrave; quelqu'un qui ne pouvait rien comprendre et qui ne comprendra pas la valeur de ce que je lui ai confi&amp;eacute;. Je pense toujours que celui &amp;agrave; qui je parle pourrait comprendre sur le coup ou plus tard, sinon je pr&amp;eacute;f&amp;eacute;rerais me taire. R&amp;eacute;cemment j'avais senti quelque chose de tr&amp;egrave;s fort en lisant un livre. Julie m'a d&amp;eacute;j&amp;agrave; racont&amp;eacute; qu'elle avait d&amp;eacute;cid&amp;eacute; de rompre avec un homme apr&amp;egrave;s avoir lu Antonin Artaud. Je n'ai pas ressenti exactement les choses comme celles-ci, sans doute que Julie non plus dans cette histoire pass&amp;eacute;e. Je simplifie. C'est plut&amp;ocirc;t que la lecture m'a r&amp;eacute;v&amp;eacute;l&amp;eacute;e &amp;agrave; moi-m&amp;ecirc;me. Je lisais un livre avec un personnage &amp;agrave; la fois &amp;eacute;go&amp;iuml;ste et indiff&amp;eacute;rent tout en &amp;eacute;tant bouillonnant et vivant. Je ne pensais pas retrouver toutes ces caract&amp;eacute;ristiques fortes en une seule personne, et pourtant, au m&amp;ecirc;me moment, je les sentais en moi. Je ne voulais pas en parler. J'avais l'impression que c'&amp;eacute;tait immens&amp;eacute;ment cruel de me sentir comme &amp;ccedil;a. Je peux m'avouer mon &amp;eacute;go&amp;iuml;sme et ne pas vouloir l'accepter. Je ne tiens pas particuli&amp;egrave;rement &amp;agrave; finir mes jours comme une folle &amp;eacute;gocentrique. Ce n'est pas la route pour devenir un super humain et je l'ai d&amp;eacute;j&amp;agrave; &amp;eacute;crit ici, je cherche la route lumineuse si possible. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me sentais comme le personnage du roman d&amp;eacute;bordante de vie et toutefois indiff&amp;eacute;rente face au monde ext&amp;eacute;rieur, insensible face &amp;agrave; certaines de ses beaut&amp;eacute;s. Je sais bien pourquoi. C'est l'histoire de ma vie, histoire qui se r&amp;eacute;p&amp;egrave;te toujours et qui ne risque pas d'arr&amp;ecirc;ter. J'ai longtemps pens&amp;eacute; que j'&amp;eacute;tais une grande solitaire pour me prot&amp;eacute;ger, mais j'aime sinc&amp;egrave;rement et profond&amp;eacute;ment les &amp;ecirc;tres humains. Ma relation avec eux se termine de la m&amp;ecirc;me fa&amp;ccedil;on. Je finis par les trouver m&amp;eacute;diocres, jamais &amp;agrave; l'hauteur de ce que ce qu'ils pourraient &amp;ecirc;tre et &amp;ccedil;a me d&amp;eacute;go&amp;ucirc;te, &amp;ccedil;a me d&amp;eacute;go&amp;ucirc;te tellement de fa&amp;ccedil;on visc&amp;eacute;rale qu'il n'y a plus rien &amp;agrave; faire. Ne vous trompez pas, j'esp&amp;egrave;re sans arr&amp;ecirc;t. Je laisse une chance au coureur jusqu'&amp;agrave; la toute fin. Je ne veux pas avoir raison, je veux &amp;ecirc;tre surprise et d&amp;eacute;rout&amp;eacute;e par les &amp;ecirc;tres humains. Malheureusement &amp;ccedil;a n'arrive pas souvent. La plupart jette la serviette &amp;agrave; la premi&amp;egrave;re occasion soit parce qu'ils n'ont pas de courage, pas d'imagination, pas de go&amp;ucirc;t pour la vie ou soit pour ces trois raisons. J'aime l'&amp;ecirc;tre humain, m&amp;ecirc;me si presque tout le temps, il est b&amp;ecirc;te et plate. Il pourrait tellement en &amp;ecirc;tre autrement. Des fois, je me demande si les gens veulent vraiment qu'il en soit autrement, m&amp;ecirc;me ceux qui pr&amp;eacute;tendent avec passion vouloir changer le monde me semblent parfois ne pas tenir &amp;agrave; ce qui est &amp;agrave; la base de la vie de la communaut&amp;eacute; : l'amour, la libert&amp;eacute; et la responsabilit&amp;eacute;.&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br type="_moz" /&gt;</content>
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    <title>Le sang</title>
    <published>2009-09-25T01:31:03Z</published>
    <updated>2009-09-25T01:33:58Z</updated>
    <content type="html">Peut-&amp;ecirc;tre que j'ai un lien familial plus ou moins direct avec les vampires. Je ne sais pas, mais enfin, mon p&amp;egrave;re a d&amp;eacute;j&amp;agrave; eu des crocs que le dentiste lui a arrach&amp;eacute;s lorsqu'il &amp;eacute;tait adolescent. Ma m&amp;egrave;re m'a fortement sugg&amp;eacute;r&amp;eacute;e de recommencer &amp;agrave; manger du boudin. J'ai besoin de sang qu'elle a dit! Et moi, comme une conne pseudo-raffin&amp;eacute;e, j'ai achet&amp;eacute; du boudin blanc parce que c'est bon et chic. Mais il n'y a pas de sang dans le boudin blanc! Lorsque j'&amp;eacute;tais jeune fille, ma m&amp;egrave;re pr&amp;eacute;parait une fois par mois le plat sp&amp;eacute;cial des femmes de la maison. Nous avions toutes les deux droit &amp;agrave; notre petite portion de boudin noir. Selon ma m&amp;egrave;re, qui a autorit&amp;eacute; en la mati&amp;egrave;re, je suis comme elle an&amp;eacute;mique. Nous aurions donc une carence de fer et le boudin aiderait &amp;agrave; palier cette carence. J'avais arr&amp;ecirc;t&amp;eacute; d'en manger. Ma condition an&amp;eacute;mique n'est pas disparue. Remarquez que c'est pratique! J'aime mon teint p&amp;acirc;le. Je ne m'imagine pas bronz&amp;eacute;e. Et honn&amp;ecirc;tement, j'aime bien mes cernes, autre trait des an&amp;eacute;miques. &amp;Ccedil;a aide &amp;agrave; me donner une gueule d'intellectuelle redoutable. Je trouve que &amp;ccedil;a me donne de la cr&amp;eacute;dibilit&amp;eacute;.&amp;nbsp;</content>
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    <title>Le pire mal</title>
    <published>2009-09-23T13:23:35Z</published>
    <updated>2009-09-23T13:24:47Z</updated>
    <lj:music>Jay-Jay Johanson - Believe in Us | Powered by Last.fm</lj:music>
    <content type="html">Le stress n'est pas une bonne chose. Voil&amp;agrave; la grande et &amp;eacute;tonnante conclusion que ma sagesse en devenir m'a apprise! Si l'entra&amp;icirc;nement &amp;agrave; la boxe est parfait pour lutter contre la m&amp;eacute;lancolie et la grisaille de certains jours, il est inefficace contre le stress. Tout est inefficace contre le stress! Le stress, c'est de la merde (C'est encore ma sagesse qui parle).&amp;nbsp;Je suis arriv&amp;eacute;e au club de boxe hier matin heureuse avec l'espoir d'oublier mes soucis d'&amp;eacute;tudiante. Je ne pensais pas &amp;agrave; ma petite vie et &amp;agrave; ma condition. Je ne pensais &amp;agrave; rien. J'&amp;eacute;tais pourtant faible physiquement. Le stress me mine compl&amp;egrave;tement. Je tr&amp;eacute;buchais souvent dans ma corde par manque de concentration. Mon jogging &amp;eacute;tait compl&amp;egrave;tement nul, mes acc&amp;eacute;l&amp;eacute;rations path&amp;eacute;tiques. Je n'ai pas tenu en planche plus de vingt secondes. Mes push-up ne valaient pas de la merde. Il y a seulement le pad work et le travail au sac qui allaient, m&amp;ecirc;me si je n'&amp;eacute;tais pas au top de ma forme avec mon cardio et ma concentration qui suckaient. J'avais l'impression que si &amp;ccedil;a allait dans le pad work, c'&amp;eacute;tait seulement par r&amp;eacute;flexe et aussi par plaisir de frapper. Je pensais me rendre &amp;agrave; l'universit&amp;eacute; en v&amp;eacute;lo (plus pr&amp;eacute;cis&amp;eacute;ment en inf&amp;acirc;me mais pratique bixi) apr&amp;egrave;s l'entra&amp;icirc;nement, mais j'ai cru que je pourrais m'&amp;eacute;vanouir si je continuais l'activit&amp;eacute; physique apr&amp;egrave;s une heure et demie de sport dans ma condition de femme trop stress&amp;eacute;e. Pour me rassurer face &amp;agrave; la vie, je repensais &amp;agrave; Julie qui me disait qu'elle m'aimait alors que je devenais un peu insupportable. Je n'&amp;eacute;tais pas encore tout &amp;agrave; fait insupportable, mais on voyait les signes annonciateurs se pointer. Tous aux abris, une jeune professionnelle stress&amp;eacute;e! Fuyez! Julie ne fuit pas m&amp;ecirc;me si elle conna&amp;icirc;t le pire, pire que je n'ai plus envie de montrer. Mieux vaut &amp;ecirc;tre une Am&amp;eacute;lie trop sensible, &amp;agrave; fleur de peau et bless&amp;eacute;e, chez moi comme ailleurs, qu'une toute puissante petite bourgeoise en contr&amp;ocirc;le, frustr&amp;eacute;e et stress&amp;eacute;e. Alors l&amp;agrave;, quand m&amp;ecirc;me, j'esp&amp;egrave;re que vous reconnaissez un peu ma sagesse! C'est exemplaire pour une pas encore trentenaire. Imaginez ce que ce sera plus tard!&amp;nbsp;</content>
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    <title>Le grand air</title>
    <published>2009-09-15T01:58:00Z</published>
    <updated>2009-09-15T02:00:32Z</updated>
    <content type="html">Je me souviens que lorsque j'ai ouvert ce journal, j'&amp;eacute;tais folle amoureuse de Julie depuis quelques mois. Je lisais avec passion son journal, m&amp;ecirc;me si au d&amp;eacute;but la jeune fille pudique que j'ai &amp;eacute;t&amp;eacute; trouvait ind&amp;eacute;cent de lire un journal sur Internet. Dans mon journal, un des premiers sujets que j'ai abord&amp;eacute;, c'&amp;eacute;tait mon d&amp;eacute;part de Sherbrooke. Aux c&amp;ocirc;t&amp;eacute;s de Julie, je me sentais devenir ce que j'avais toujours voulu &amp;ecirc;tre. Je me sentais libre de tout et surtout tellement plus forte. J'ai commenc&amp;eacute; ce journal en secret. Je n'osais pas en parler &amp;agrave; Julie. J'ai commenc&amp;eacute; &amp;agrave; &amp;eacute;crire &amp;agrave; Sherbrooke, une fin de semaine o&amp;ugrave; j'&amp;eacute;tais all&amp;eacute;e seule chez mes parents. J'&amp;eacute;tais partie me ressourcer pour prendre la d&amp;eacute;cision qui allait me conduire pour de bon dans les bras de Julie. Je n'ai pas envie de me relire, mais je me connais, je devais &amp;eacute;crire que Sherbrooke &amp;eacute;tait la ville plus inf&amp;acirc;me de tout le Qu&amp;eacute;bec! La fin de semaine derni&amp;egrave;re, je suis all&amp;eacute;e chez ma m&amp;egrave;re et je me suis rendue compte que j'&amp;eacute;tais en paix avec Sherbrooke. Je n'ai plus envie de maudire comme avant la ville o&amp;ugrave; j'ai grandi. Je me sens m&amp;ecirc;me pr&amp;ecirc;te pour aller affronter d'anciens d&amp;eacute;mons qui tra&amp;icirc;nent &amp;agrave; Matane, autre ville de mon enfance. J'ai envie d'aller emprunter les chemins o&amp;ugrave; je marchais petite fille avec mon air fier en allant me chercher les journaux de Montr&amp;eacute;al qui arrivaient &amp;agrave; midi. J'&amp;eacute;tais d&amp;eacute;j&amp;agrave; dans ma t&amp;ecirc;te le sommet du monde, j'allais devenir une grande journaliste et &amp;ccedil;a m'emmerdait profond&amp;eacute;ment d'&amp;ecirc;tre une fille de ces deux r&amp;eacute;gions que je trouvais aussi ennuyantes l'une que l'autre. Je marchais dans les rues de Matane en m'imaginant au sein de grandes aventures. Je racontais &amp;agrave; mes fr&amp;egrave;res ces aventures. J'imaginais toujours mes petits fr&amp;egrave;res avec moi. J'allais les sauver de la r&amp;eacute;gion. Un jour, je nous voyais &amp;agrave; Montr&amp;eacute;al, dans la grande ville enfin, nous serions lib&amp;eacute;r&amp;eacute;s! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce jour arrive pour un de mes fr&amp;egrave;res! Il s'en vient vivre &amp;agrave; Montr&amp;eacute;al. Alors que moi je suis partie depuis plus de huit ans, c'est mon tout petit fr&amp;egrave;re qui s'en vient &amp;agrave; l'universit&amp;eacute; pour &amp;eacute;tudier en urbanisme. Il d&amp;eacute;sire m&amp;ecirc;me s'installer &amp;agrave; Hochelaga pour que l'on soit pr&amp;egrave;s l'un de l'autre. Je suis partie de la maison familiale alors qu'il &amp;eacute;tait encore un enfant. Pourtant lorsque je suis avec mon fr&amp;egrave;re, c'est comme si nous avions &amp;eacute;t&amp;eacute; tout le temps ensemble. Du jour au lendemain, il va venir habiter pr&amp;egrave;s de chez moi et je sais que &amp;ccedil;a va s'installer naturellement. Je sentais en fin de semaine la f&amp;eacute;brilit&amp;eacute; de mon petit fr&amp;egrave;re qui n'en peut plus de Sherbrooke et qui a rudement h&amp;acirc;te de vivre en ville. Je suis en paix d&amp;eacute;sormais, c'est mon fr&amp;egrave;re qui porte mes tourments d'avant. Il commence &amp;agrave; &amp;ecirc;tre un homme, mais j'ai l'impression qu'il sera vraiment un adulte lorsqu'il sera install&amp;eacute; &amp;agrave; Montr&amp;eacute;al. Je sens tout le bien que son d&amp;eacute;part lui fera.&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette fin de semaine, nous avons gravi, Julie et moi, une montagne avec ma m&amp;egrave;re et mon autre fr&amp;egrave;re! Quel sentiment merveilleux! La mont&amp;eacute;e &amp;eacute;tait vraiment cardio. Ma m&amp;egrave;re avait d&amp;eacute;cid&amp;eacute; que nous allions emprunter la route nomm&amp;eacute;e &amp;laquo; Les intr&amp;eacute;pides &amp;raquo;. Nous entrepr&amp;icirc;mes le coeur l&amp;eacute;ger cette mont&amp;eacute;e sans nous douter de toutes les emb&amp;ucirc;ches qui nous attendaient, de toutes les pierres &amp;agrave; gravir. Nous ne nous doutions pas non plus du sentiment grandiose au sommet de la montagne alors que nous &amp;eacute;tions cheveux dans le vent et que nous respirions le grand air. Pour la descente, nous avons opt&amp;eacute; pour la route dite panoramique qui nous permettrait d'appr&amp;eacute;cier les splendeurs de l'Estrie. En d&amp;eacute;valant la montagne, je me suis rendue compte que j'&amp;eacute;tais lib&amp;eacute;r&amp;eacute;e pour de bon de Sherbrooke. Je voyais au loin ce qui semblait &amp;ecirc;tre mon ancien enfer et tout &amp;eacute;tait beau, beau, beau. Je ne vous laisserai pas sur cette note trop positive. J'ai depuis d'autres d&amp;eacute;mons. Ne vous en faites pas!</content>
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    <title>Le retour</title>
    <published>2009-09-10T15:39:30Z</published>
    <updated>2009-09-10T15:39:30Z</updated>
    <content type="html">Pendant quelques semaines, j'ai pris un cong&amp;eacute; de boxe &amp;agrave; la fois forc&amp;eacute; et volontaire. Je suis de retour au club et j'ai mal aux &amp;eacute;paules! &amp;Agrave; part &amp;ccedil;a, le retour n'a pas &amp;eacute;t&amp;eacute; difficile. Mon esprit est revenu dans la routine comme si rien n'&amp;eacute;tait. &amp;nbsp;L'entra&amp;icirc;neur est pass&amp;eacute; &amp;agrave; c&amp;ocirc;t&amp;eacute; de moi pendant le pad work et m'a dit : &amp;laquo; Encore tes coudes! &amp;raquo; comme si je n'avais jamais arr&amp;ecirc;t&amp;eacute; d'y aller. Dans le vestiaire des femmes, le m&amp;ecirc;me casier est toujours bris&amp;eacute; et je m'installe encore &amp;agrave; c&amp;ocirc;t&amp;eacute; de celui-ci dans mon petit coin sombre. J'ai la m&amp;ecirc;me photo de moi devant un poster de Mohamed Ali sur ma nouvelle carte de membre.&amp;nbsp;</content>
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    <title>Discovery Channel</title>
    <published>2009-08-27T14:39:08Z</published>
    <updated>2009-08-27T14:40:06Z</updated>
    <content type="html">De toute &amp;eacute;vidence, je suis une fan de Discovery Channel! Je ne connaissais pas &amp;ccedil;a, puisque je n'ai pas le c&amp;acirc;ble depuis que je suis partie vivre dans la grande ville. Le d&amp;eacute;mon entrera peut-&amp;ecirc;tre dans notre demeure sous peu. Je devrais arriver &amp;agrave; vivre avec la pr&amp;eacute;sence du c&amp;acirc;ble. Apr&amp;egrave;s tout, je vis avec des d&amp;eacute;mons encore plus terribles : la xbox360, Fallout 3 et une t&amp;eacute;l&amp;eacute; HD! Les tests scientifiques de Discovery Channel me fascinent tellement. &amp;Ccedil;a me rappelle l'&amp;eacute;poque o&amp;ugrave; j'&amp;eacute;tais une jeune geek entour&amp;eacute;e d'hommes geek, nous passions notre temps &amp;agrave; faire des analyses impossibles. J'&amp;eacute;tais entour&amp;eacute;e de plusieurs vrais scientifiques. On ne discutait pas seulement dans le vide. De nos jours, Discovery Channel offre une vingtaine d'&amp;eacute;missions avec des tests et des sp&amp;eacute;cialistes pour r&amp;eacute;pondre &amp;agrave; toutes ces pertinentes questions. Je ne suis plus aussi pr&amp;egrave;s de mes anciens cercles d'hommes geek, puisque j'ai abandonn&amp;eacute; les jeux de r&amp;ocirc;les, mais je peux retrouver la curiosit&amp;eacute; obsessionnelle&amp;nbsp;des geeks gr&amp;acirc;ce &amp;agrave; Discovery!&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un des grands moments est le passage de Lucia Rijker, ma boxeuse pr&amp;eacute;f&amp;eacute;r&amp;eacute;e, &amp;agrave; &lt;em&gt;Sport Science&lt;/em&gt; o&amp;ugrave; il a &amp;eacute;t&amp;eacute; d&amp;eacute;montr&amp;eacute; hors de tout doute, bien s&amp;ucirc;r, que les femmes en boxe pouvaient frapper aussi forts que les hommes, sinon plus. Le vid&amp;eacute;o est disponible sur ce site : &lt;a href="http://www.isabeaux.com/lucia"&gt;Lucia Rijker &amp;agrave; Sport Science&lt;/a&gt;. Je ne commenterai pas le vid&amp;eacute;o. Je conserve tous mes commentaires pour mon entr&amp;eacute;e que je pr&amp;eacute;pare &amp;agrave; propos de la boxe f&amp;eacute;minine.&amp;nbsp;&lt;br type="_moz" /&gt;</content>
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    <title>Les histoires d'amour I</title>
    <published>2009-08-26T20:49:33Z</published>
    <updated>2009-08-26T20:51:49Z</updated>
    <content type="html">Je ne suis peut-&amp;ecirc;tre bonne que pour les histoires d'amour. En ce moment, c'est ce que je pense et je ne veux &amp;eacute;crire que des histoires d'amour. C'est horrible parce que ma m&amp;egrave;re a gagn&amp;eacute;! Ben, oui, ma m&amp;egrave;re qui sait tout sur moi, m&amp;ecirc;me ce que je me suis forc&amp;eacute;e &amp;agrave; lui cacher. Quand j'&amp;eacute;tais au cegep, pour une raison que j'ignore, je faisais lire mes textes pour mon cours de cr&amp;eacute;ation litt&amp;eacute;raire &amp;agrave; ma m&amp;egrave;re. Je voulais sans doute qu'elle corrige les fautes. J'&amp;eacute;tais &amp;agrave; une &amp;eacute;poque particuli&amp;egrave;re de ma vie o&amp;ugrave; je d&amp;eacute;couvrais ma sexualit&amp;eacute; dans toutes les formes qu'elle pouvait prendre, je d&amp;eacute;couvrais aussi ma violence. Je ne d&amp;eacute;sirais &amp;eacute;crire que des textes violents. On devait &amp;eacute;crire n'importe quoi pour le cours. J'&amp;eacute;tais trop pudique pour r&amp;eacute;diger toutes les sc&amp;egrave;nes sexuelles que j'avais constamment en t&amp;ecirc;te, m&amp;ecirc;me seulement pour moi dans mes cahiers secrets je n'y parvenais pas, mais je me laissais compl&amp;egrave;tement aller pour les sc&amp;egrave;nes violentes. Une semaine pour le cours, j'ai &amp;eacute;crit un texte que je ne veux pas relire. J'&amp;eacute;crivais comme un pied! C'&amp;eacute;tait l'histoire d'un gars qui assassinait froidement un poisson rouge, un chien et puis un &amp;ecirc;tre humain. L'ambiance &amp;eacute;tait au rituel. Le prof avait &amp;eacute;crit sur ma copie que c'&amp;eacute;tait vraiment clich&amp;eacute; mes longues descriptions de t&amp;acirc;ches de sang sur les murs blancs. Ma m&amp;egrave;re m'avait dit : &amp;laquo; Ce n'est pas beau, Am&amp;eacute;lie! &amp;raquo; Elle &amp;eacute;tait profond&amp;eacute;ment d&amp;eacute;go&amp;ucirc;t&amp;eacute;e. Ma m&amp;egrave;re avec qui, dans un &amp;eacute;pisode bizarre, j'ai d&amp;eacute;j&amp;agrave; regard&amp;eacute; &lt;i&gt;Cannibal Holocaust&lt;/i&gt;. Elle voulait absolument voir le film que j'avais lou&amp;eacute; et moi, j'&amp;eacute;tais trop heureuse d'avoir trouver dans mon ostie de ville inculte de r&amp;eacute;gion le film &lt;em&gt;fuck&amp;eacute; &lt;/em&gt;italien que je voulais regarder. Je n'ai pas pu attendre et je l'ai regard&amp;eacute; avec ma m&amp;egrave;re. Apr&amp;egrave;s avoir lu mon texte qu'elle avait tant d&amp;eacute;test&amp;eacute;, elle m'a dit : &amp;laquo; Am&amp;eacute;lie, toi, tu es bonne pour les histoires d'amour &amp;raquo;. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Ma m&amp;egrave;re aimait le m&amp;ecirc;me texte que mon prof de cr&amp;eacute;ation litt&amp;eacute;raire. Le seul texte de ce cours qui m'a valu des compliments de mon prof, que je d&amp;eacute;testais et de qui je n'esp&amp;eacute;rais pas le moindre compliment anyway (Avec le recul, je ne le d&amp;eacute;testais pas tant que &amp;ccedil;a. Pas plus que les autres, je veux dire! Enfin, de toute fa&amp;ccedil;on, c'&amp;eacute;tait une haine &lt;em&gt;fair&lt;/em&gt;. Je le connaissais bien et il m'a soulign&amp;eacute; lors de plusieurs occasions que j'&amp;eacute;tais une sale arrogante. Il avait cette fa&amp;ccedil;on de me regarder qui disait : &amp;laquo; Jeune pr&amp;eacute;tentieuse, tu n'es pas si intelligente que tu le crois &amp;raquo; Et il avait bien raison d'ailleurs). La nouvelle s'appelait &amp;laquo; Le gambit de la dame &amp;raquo;. C'&amp;eacute;tait l'histoire qu'un homme fou d'amour pour une femme mari&amp;eacute;e qui organisait une partie d'&amp;eacute;checs passionnante avec le mari pour pouvoir s&amp;eacute;duire sa femme &amp;agrave; son insu. Le mari trop obs&amp;eacute;d&amp;eacute; par la partie, qu'il a gagn&amp;eacute;, ne voyait pas qu'il se faisait prendre sa femme par son adversaire. Ma m&amp;egrave;re et mon prof aimaient donc cette nouvelle. &amp;Ccedil;a accentuait ma col&amp;egrave;re. Je me disais que je ne devais plus &amp;eacute;crire des histoires d'amour. Pour moi, leurs compliments &amp;eacute;taient la preuve concr&amp;egrave;te que je ne devais jamais &amp;eacute;crire des histoires d'amour.&amp;nbsp; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Et puis, je suis aujourd'hui devant un projet de roman que je trouve relativement s&amp;eacute;rieux. Je veux dire que j'y travaille avec s&amp;eacute;rieux. Je suis incapable de ne pas &amp;eacute;crire un roman d'amour. Ma m&amp;egrave;re a gagn&amp;eacute;. Je suis faite! Heureusement, elle ne doit plus s'en souvenir. Mon orgueil est sauv&amp;eacute;! Je ne lui dirai pas. Elle serait trop fi&amp;egrave;re. &amp;Ccedil;a ne vient pas du voisin mon arrogance et mes pr&amp;eacute;tentions.</content>
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    <title>Boxe féminine aux Olympiques</title>
    <published>2009-08-25T13:57:29Z</published>
    <updated>2009-08-25T14:11:24Z</updated>
    <content type="html">J'ai lu plein de trucs sur l'absence de la boxe f&amp;eacute;minine aux Olympiques ces derniers mois. Et voil&amp;agrave; depuis quelques semaines, c'est fait! Les femmes pourront boxer. J'&amp;eacute;cris un texte bient&amp;ocirc;t l&amp;agrave;-dessus. En attendant, je vous laisse sur un vid&amp;eacute;o avec Lucia Rijker, une grande boxeuse, qui accueille la nouvelle avec joie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&lt;lj-embed id="6" /&gt;</content>
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    <title>Le grand tribunal de la vérité</title>
    <published>2009-08-20T19:01:39Z</published>
    <updated>2009-08-20T19:39:39Z</updated>
    <lj:music>Electrelane - Between the Wolf and the Dog | Powered by Last.fm</lj:music>
    <content type="html">La maison est redevenue un espace intellectuel. Je m'y sens bien. Pas qu'elle &amp;eacute;tait devenue un espace non-intellectuel. Oh non, voyons! La moindre de mes activit&amp;eacute;s, m&amp;ecirc;me les moins &amp;eacute;difiantes, s'inscrit dans un vaste projet intellectuel, comme vous le savez tous. Je m'y consacre &amp;agrave; temps plein. Je blague, mais &amp;agrave; peine, tout peut &amp;ecirc;tre inclus dans mon vaste projet de compr&amp;eacute;hension du monde. &amp;nbsp;C'est merveilleux! C'est pour cette raison que j'ai pr&amp;eacute;f&amp;eacute;r&amp;eacute; celui-l&amp;agrave; &amp;agrave; tous les autres projets que j'aurais pu entreprendre. Je ne vais pas reporter la faute de la suspension du climat intellectuel &amp;agrave; la maison &amp;agrave; mes compagnons de vie. Ils ne sont pas davantage responsables que moi. &amp;Agrave; bien des reprises, j'ai moi-m&amp;ecirc;me oeuvr&amp;eacute; &amp;agrave; d&amp;eacute;truire tout climat intellectuel par mon absence d'int&amp;eacute;r&amp;ecirc;t pour tout. Je ne sais pas si les &amp;eacute;tudiants en litt&amp;eacute;rature sont tous r&amp;eacute;guliers. J'ai d&amp;eacute;j&amp;agrave; connu un jeune homme, grand lecteur, qui notait le nombre de pages qu'il lisait. Je n'ai jamais personnellement entrepris ce genre de compilation. J'abandonne trop de livres que je lis &amp;agrave; moiti&amp;eacute; et je suis horriblement irr&amp;eacute;guli&amp;egrave;re. Je peux arr&amp;ecirc;ter de lire pendant plusieurs jours et recommencer &amp;agrave; lire quasiment vingt-quatre heures sur vingt-quatre, comme dans les derniers jours.&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Reprendre l'&amp;eacute;criture avec Julie est le grand &amp;eacute;v&amp;eacute;nement salvateur dans ma vie. &amp;Eacute;videmment l'&amp;eacute;criture de ma th&amp;egrave;se est mon projet le plus important en ce moment, malgr&amp;eacute; tous mes efforts pour faire un travail &amp;laquo; libre &amp;raquo;, je dois faire une d&amp;eacute;monstration. C'est un exercice acad&amp;eacute;mique, m&amp;ecirc;me si je crois qu'il y a des possibilit&amp;eacute;s de le rendre fort passionnant &amp;agrave; r&amp;eacute;diger. Ces jours-ci, j'&amp;eacute;cris avec Julie. C'est ce qui me semble redonner un climat intellectuel hors du commun dans notre maison. &amp;nbsp;On se l&amp;egrave;ve t&amp;ocirc;t toutes les deux pour &amp;eacute;crire ensemble avant qu'elle me quitte pour gagner notre pain et notre beurre. &amp;Agrave; son retour, je pr&amp;eacute;pare le souper comme la bonne &amp;eacute;tudiante m&amp;eacute;nag&amp;egrave;re que je suis et nous nous attaquons &amp;agrave; notre texte en chantier. Nous &amp;eacute;crivons un truc sur un roman. Nous prenons le temps de tout analyser, de discuter du moindre d&amp;eacute;tail. Julie est une terrifiante perfectionniste. Avec elle, on ne laisse pas tra&amp;icirc;ner des illogismes. Elle me demande sans cesse la preuve de ce que je dis et elle cherche elle-m&amp;ecirc;me dans le roman les preuves de ce qu'elle avance. Ce qui me fait du bien, c'est d'&amp;eacute;crire un texte comme &amp;ccedil;a avec Julie pour le plaisir de discuter d'une oeuvre que nous avons aim&amp;eacute; toutes les deux. Nous n'avons pas de th&amp;egrave;se &amp;agrave; d&amp;eacute;montrer, aucune intention pratique derri&amp;egrave;re ce texte. Ce n'est &amp;eacute;videmment pas comme le travail pour ma th&amp;egrave;se qui d&amp;eacute;borde de consid&amp;eacute;rations pratiques.&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un jour, Julie m'a dit que lorsqu'elle &amp;eacute;tait enfant elle avait d&amp;eacute;j&amp;agrave; dit vouloir &amp;ecirc;tre avocate. Moi aussi, d'ailleurs, j'y ai pens&amp;eacute; pendant longtemps. J'&amp;eacute;tais une petite fille timide avec beaucoup de caract&amp;egrave;re. On dit toujours aux petites filles avec beaucoup de caract&amp;egrave;re : &amp;laquo; Tu devrais &amp;ecirc;tre avocate &amp;raquo;. Sans doute que &amp;ccedil;a m'est rest&amp;eacute; en t&amp;ecirc;te, Julie aussi. J'argumentais tout le temps avec mes parents. Ils fallaient qu'ils soient logiques en tout temps dans leurs directives de conduite &amp;agrave; la maison, j'argumentais aussi sans arr&amp;ecirc;t avec les enseignantes &amp;agrave; l'&amp;eacute;cole. Les enfants sont logiques! Je me suis d&amp;eacute;j&amp;agrave; imagin&amp;eacute;e si Julie et moi &amp;eacute;tions devenues avocates, toutes les deux ensemble. On serait riches! En tous cas, certainement plus qu'en d&amp;eacute;sirant &amp;eacute;pouser les habits de l'intellectuel. On aurait pu &amp;ecirc;tre avocates, je pense. J'arrive &amp;agrave; l'imaginer comme une chose vraie, m&amp;ecirc;me si je ne le d&amp;eacute;sire pas. Oh non! Mais, apr&amp;egrave;s tout, &amp;ccedil;a pourrait &amp;ecirc;tre grandiose. Il y aurait tellement de gens &amp;agrave; d&amp;eacute;fendre. Lorsque Julie me demande des preuves pour chaque proposition que je formule pour notre texte, je me dis : &amp;laquo; Ah salope, ah l'avocate &amp;raquo;. Julie se dit peut-&amp;ecirc;tre ; &amp;laquo; Ah la salope, bon encore Am&amp;eacute;lie qui lance n'importe quoi comme &amp;ccedil;a pour &amp;eacute;pater la galerie (un autre talent d'avocat) &amp;raquo;. &amp;nbsp;En y repensant, je me dis que Julie n'est tellement pas une avocate, elle est un juge au sens noble et important du terme. Elle demande des preuves pour le grand tribunal de la v&amp;eacute;rit&amp;eacute;. &amp;Agrave; celui-l&amp;agrave;, on ne peut pas &amp;eacute;chapper et s'il y a quelqu'un qui travaille &amp;agrave; ce grand tribunal, c'est peut-&amp;ecirc;tre les intellectuels. Ils d&amp;eacute;fendent peut-&amp;ecirc;tre mieux la veuve et l'orphelin que les avocats. Ouais, ouais, &amp;ccedil;a doit bien &amp;ecirc;tre pour &amp;ccedil;a qu'on n'est pas devenues des avocates.&amp;nbsp;&lt;br type="_moz" /&gt;</content>
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    <title>Le débat</title>
    <published>2009-08-13T15:39:46Z</published>
    <updated>2009-08-13T17:10:02Z</updated>
    <content type="html">Je n'ai jamais eu de probl&amp;egrave;me avec le fait d'&amp;ecirc;tre une intellectuelle. J'ai toujours d&amp;eacute;sir&amp;eacute; &amp;ecirc;tre s&amp;eacute;rieuse. Et je dois avouer que j'ai souvent &amp;eacute;t&amp;eacute; agac&amp;eacute; par les intellectuels (surtout des hommes, mais j'ai connu quelques femmes) qui souffrent d'un &amp;laquo; manque &amp;nbsp;de s&amp;eacute;rieux chronique &amp;raquo;. C'est l'expression que Julie a trouv&amp;eacute; pour d&amp;eacute;crire le comportement de certains de nos amis qui ont besoin de faire des blagues &amp;agrave; tout moment afin de s'assurer que &amp;ccedil;a ne devienne pas trop intime. &amp;Eacute;videmment je connais un peu. Je ne manque pas de s&amp;eacute;rieux de fa&amp;ccedil;on chronique, mais j'ai des &amp;eacute;pisodes de manque de s&amp;eacute;rieux. Enfin &amp;ccedil;a m'arrive... J'ai aussi &amp;eacute;t&amp;eacute; fortement agac&amp;eacute; par les intellectuelles (surtout des femmes, mais il y a sans doute des hommes) qui s'excusent d'exister.&amp;nbsp;Dans un monde o&amp;ugrave; on a tout oubli&amp;eacute; du r&amp;ocirc;le d'un intellectuel et que m&amp;ecirc;me les universitaires ne savent plus trop ce que &amp;ccedil;a veut dire, ce n'est toutefois pas &amp;eacute;tonnant. Bien au contraire! Au moins en s'excusant d'exister, ils confirment qu'ils ont bien compris ne plus avoir de place nulle part. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai cependant r&amp;eacute;alis&amp;eacute; que je d&amp;eacute;teste certaines dynamiques des intellectuels. Je sais que les f&amp;eacute;ministes me diront que c'est le c&amp;ocirc;t&amp;eacute; patriarcal qui me d&amp;eacute;range. Je demanderai un comit&amp;eacute; non-mixte la prochaine fois que je tenterai de me sortir d'une conversation. J'aime discuter, j'aime les conversations intellectuelles, mais je ne veux pas argumenter. &amp;Ccedil;a me fait chier les d&amp;eacute;bats d'argumentation. Je suis une authentique universitaire, &amp;eacute;videmment je peux m'en sortir. Je sais d&amp;eacute;battre. J'imagine qu'en situation officielle, je pourrais d&amp;eacute;battre et agir comme une universitaire respectable si je suis contrainte &amp;agrave; le faire. Julie m'a fait r&amp;eacute;alis&amp;eacute;e, il y a quelques ann&amp;eacute;es, &amp;agrave; quel point il est d&amp;eacute;sagr&amp;eacute;able de faire partie d'un d&amp;eacute;bat d'argumentation. Dans un des nombreux &amp;eacute;pisodes glorieux de la vie universitaire de ma dulcin&amp;eacute;e, quelqu'un lui avait pos&amp;eacute; une question apr&amp;egrave;s une communication. Il lui avait dit qu'elle ne le convainquait pas de tel trait de l'oeuvre d'un &amp;eacute;crivain. Elle a r&amp;eacute;pondu comme une grande h&amp;eacute;ro&amp;iuml;ne : &amp;laquo; Mais je ne cherche pas &amp;agrave; vous convaincre &amp;raquo;. Tout &amp;eacute;tait l&amp;agrave; dans la r&amp;eacute;ponse de Julie. Elle lui disait au fond : &amp;laquo; Je vous fais part de ma r&amp;eacute;flexion, vous pouvez la prendre ou la laisser l&amp;agrave; si vous voulez. Je ne vous impose rien, m&amp;ecirc;me si honn&amp;ecirc;tement je pense que j'ai raison. &amp;raquo; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me retrouve parfois, enfin souvent ces temps-ci, en situation de d&amp;eacute;bat. Je deviens &amp;eacute;motive, agressive ou les deux. Je pr&amp;eacute;f&amp;egrave;re devenir &amp;eacute;motive m&amp;ecirc;me si c'est plus compromettant. Am&amp;eacute;lie, l'agressive, ce n'est pas beau (sauf dans le sport!), et Am&amp;eacute;lie, l'agressive-&amp;eacute;motive, &amp;ccedil;a ne se d&amp;eacute;crit pas. Enfin je pr&amp;eacute;f&amp;egrave;re ne pas le d&amp;eacute;crire. J'en ferai un portrait complet un jour et je ferai bien attention pour faire semblant que ce n'est pas de moi dont je parle. &amp;Ccedil;a permettra sans doute d'en faire une description plus juste. Je pr&amp;eacute;f&amp;egrave;re devenir &amp;eacute;motive, mais en m&amp;ecirc;me temps, j'ai souvent peur de laisser mon adversaire de d&amp;eacute;bat gagner, parce que ma voix ou mes mains tremblent. Lorsque je suis lanc&amp;eacute;e dans un d&amp;eacute;bat, je veux le gagner, m&amp;ecirc;me si je ne choisis jamais de d&amp;eacute;battre. &amp;Ccedil;a commence toujours par une r&amp;eacute;action &amp;eacute;pidermique! C'est le mot parfait &amp;laquo; &amp;eacute;pidermique &amp;raquo;, m&amp;ecirc;me si je le trouve laid. Je ne l'aime pas parce que &amp;ccedil;a va bien avec l'expression aussi laide &amp;laquo; &amp;ecirc;tre &amp;agrave; fleur de peau &amp;raquo;. J'imagine que je suis souvent &amp;agrave; &amp;laquo; fleur de peau &amp;raquo;. On pourrait dire que c'est l'explication pour comprendre mon d&amp;eacute;go&amp;ucirc;t. Ouais, ouais, sans doute. Mais c'est aussi que &amp;laquo; &amp;eacute;pidermique &amp;raquo;, &amp;ccedil;a suppose que &amp;ccedil;a vient de la peau d'une premi&amp;egrave;re couche superficielle, alors que pour moi, c'est profond. Selon moi, les r&amp;eacute;actions &amp;eacute;pidermiques, c'est du s&amp;eacute;rieux!&amp;nbsp;Peut-&amp;ecirc;tre m&amp;ecirc;me plus que les d&amp;eacute;bats d'argument raisonnables et pos&amp;eacute;s.</content>
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    <title>The Dreamers (suite)</title>
    <published>2009-08-12T19:03:46Z</published>
    <updated>2009-08-12T19:50:43Z</updated>
    <lj:music>Einstürzende Neubauten - Yü-Gung (Fütter mein Ego) | Powered by Last.fm</lj:music>
    <content type="html">Je repensais &amp;agrave; mon entr&amp;eacute;e de ce matin et je me disais que je n'&amp;eacute;tais pas all&amp;eacute;e jusqu'au bout de ma pens&amp;eacute;e. Je me reprends un peu parce que c'est important. Lorsque j'&amp;eacute;cris que Kathy Acker fait de la vraie litt&amp;eacute;rature parce que je me sens mal &amp;agrave; l'aise en la lisant, je ne parle pas strictement de ses th&amp;egrave;mes. Voici en vrac quelques horreurs de&amp;nbsp;&lt;em&gt;Empire of the Senseless :&lt;/em&gt;&amp;nbsp;un viol d'un personnage par son p&amp;egrave;re, les personnages sont fascin&amp;eacute;s par certaines maladies transmises sexuellement qu'ils attrapent ou des descriptions des conflits entre les Fran&amp;ccedil;ais et les Alg&amp;eacute;riens. Je me sens, bien s&amp;ucirc;r, mal &amp;agrave; l'aise de diff&amp;eacute;rentes mani&amp;egrave;res dans toutes ces sc&amp;egrave;nes que j'&amp;eacute;voque. &amp;nbsp;Ce n'est toutefois pas &amp;agrave; cause de ces th&amp;egrave;mes que j'aime tant le roman. Je pense que la grande litt&amp;eacute;rature veut reproduire le mouvement de la vie et que lorsqu'elle y arrive, elle rend toujours mal &amp;agrave; l'aise. M&amp;ecirc;me si les th&amp;egrave;mes d'un grand roman &amp;eacute;taient les plus jolis en ville, &amp;ccedil;a n'a rien &amp;agrave; voir. C'est une impression que je ne pourrais pas th&amp;eacute;oriser. J'ai essay&amp;eacute; de faire lire certains auteurs &amp;agrave; des gens et je me suis rendue compte de &amp;ccedil;a en &amp;eacute;coutant leurs commentaires. Ils &amp;eacute;taient heurt&amp;eacute;s par un livre qui n'&amp;eacute;tait pas au demeurant si choquant. Bon, peut-&amp;ecirc;tre, un peu dur parfois. J'aime les livres durs! J'aime les gens durs aussi, je suis cons&amp;eacute;quente! Je crois que le livre les heurtait parce qu'il arrive &amp;agrave; transmettre les mouvements de la vie, comme peu de livres arrivent &amp;agrave; le faire. Aujourd'hui, vous savez, on aime l'insignifiant bien &amp;eacute;crit, le &amp;laquo; rien &amp;raquo; dit avec des beaux mots ou avec un humour de bon ton. La litt&amp;eacute;rature, ce n'est pas de transmettre un message sur la vie. Cela dit, on a tort de croire que la litt&amp;eacute;rature peut ne plus avoir de contenu. La litt&amp;eacute;rature a une relation m&amp;eacute;diatis&amp;eacute;e au monde. Elle doit &amp;ecirc;tre la transformation de ce monde, elle doit pr&amp;eacute;server son lien &amp;agrave; la vie.&amp;nbsp;</content>
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    <title>The Dreamers</title>
    <published>2009-08-12T14:55:20Z</published>
    <updated>2009-08-12T16:15:07Z</updated>
    <lj:music>Suzie LeBlanc &amp; Yannick Nézet-Séguin - Im Frühlingsanfang, K. 597 | Powered by L</lj:music>
    <content type="html">&amp;Agrave; Toronto, nous nous sommes achet&amp;eacute;es, Julie et moi, une pile de Kathy Acker. On faisait des provisions de livres en anglais. Il y a quelques ann&amp;eacute;es quelqu'un m'avait dit que je devais la lire. J'avais cherch&amp;eacute; des &amp;eacute;crits &amp;agrave; son sujet. Je voyais bien les liens &amp;eacute;vidents. J'avais lu un de ses romans que j'avais trouv&amp;eacute; mal &amp;eacute;crit et peu int&amp;eacute;ressant. J'avais un peu oubli&amp;eacute; Kathy Acker en me disant qu'un jour je regarderai ses autres livres par curiosit&amp;eacute;. Je sais bien que je ne suis qu'une sale chialeuse, qu'il en faut tr&amp;egrave;s peu pour que je d&amp;eacute;clare qu'un roman m'emmerde. La liste des &amp;eacute;crivains qui m'ennuient est longue!&amp;nbsp;Mais que vous voulez-vous, ils sont plates!&amp;nbsp;Tout le monde est plate et sans imagination. Je lis en ce moment &lt;em&gt;Empire of the Senseless&amp;nbsp;&lt;/em&gt;de Kathy Acker et je d&amp;eacute;couvre la grande &amp;eacute;crivaine!&amp;nbsp;De toute &amp;eacute;vidence, je lis une vraie &amp;eacute;crivaine comme il y en a peu!&amp;nbsp;&amp;Ccedil;a me rend bien heureuse, je voulais qu'elle existe cette grande &amp;eacute;crivaine punk! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En lisant Kathy Acker, je sais bien ce que j'aime dans la litt&amp;eacute;rature et qui fait que la litt&amp;eacute;rature contemporaine m'ennuie presque totalement. J'aime &amp;ecirc;tre mal &amp;agrave; l'aise devant un livre. Je crois que mes semblables, lecteurs contemporains, ont oubli&amp;eacute; comment lire tout en &amp;eacute;tant sans cesse heurt&amp;eacute;s et boulevers&amp;eacute;s par le texte. Les livres st&amp;eacute;riles et insipides sont dans le vent! J'ai l'impression que si je ne peux me rendre enti&amp;egrave;rement vuln&amp;eacute;rable devant le texte, que s'il ne provoque pas cet effet o&amp;ugrave; je peux remettre &amp;agrave; tout instant ma vie en question je ne suis pas en train de lire de la litt&amp;eacute;rature. Avec Kathy Acker, comme avec tous les &amp;eacute;crivains que j'adore, je me sens comme &amp;ccedil;a. Je me sens mal et je continue &amp;agrave; lire pour comprendre ce qui se passe. Dans le chapitre o&amp;ugrave; je suis rendue, elle parle de la guerre d'Alg&amp;eacute;rie et je capote. C'&amp;eacute;tait d&amp;eacute;j&amp;agrave; bon, dense et passionnant, en plus elle se met &amp;agrave; parler de la guerre. Bien s&amp;ucirc;r, on pourrait tout expliquer par les liens entre l'oeuvre d'Acker et celle de Genet. &amp;Ccedil;a serait trop simple et ce serait manquer d'imagination. Si elle s'int&amp;eacute;resse aux m&amp;ecirc;mes th&amp;egrave;mes que Genet, ce n'est pas seulement parce qu'elle aime Genet, mais parce que Genet a touch&amp;eacute; quelque chose d'important, qu'elle tente aussi de comprendre. Cette grande chose si importante, &amp;agrave; mon avis, c'est le sujet de ma th&amp;egrave;se!&amp;nbsp;Alors je ne peux pas trop en parler, &amp;ccedil;a demanderait que je sois moi l'universitaire et que j'explique tout pendant plusieurs heures ou pages avec de bons arguments.&amp;nbsp; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis &amp;agrave; ce moment o&amp;ugrave; toute ma vie est port&amp;eacute;e par l'obsession de ma th&amp;egrave;se. M&amp;ecirc;me quand j'essaie d'y &amp;eacute;chapper, en lisant Kathy Acker par exemple, je suis ramen&amp;eacute;e vers mon travail. C'est bon signe, &amp;ccedil;a doit &amp;ecirc;tre parce que j'ai vraiment trouv&amp;eacute; mon sujet, le mien, celui qui est si intime et si li&amp;eacute; &amp;agrave; moi que je suis oblig&amp;eacute;e par la vie d'y penser. Je ne crois pas &amp;agrave; la s&amp;eacute;paration entre le travail intellectuel et la vie. Le travail intellectuel n'est jamais en rupture avec la vie. Les universitaires ne le savent pas, l'universit&amp;eacute; d&amp;eacute;sapprend &amp;agrave; vivre, comme &amp;agrave; penser. L'institution nous r&amp;eacute;apprend &amp;agrave; vivre &amp;agrave; sa mani&amp;egrave;re, comme le reste de la soci&amp;eacute;t&amp;eacute;, avec un temps pr&amp;eacute;cis pour la f&amp;ecirc;te et une fa&amp;ccedil;on pr&amp;eacute;cise de faire la f&amp;ecirc;te. Apr&amp;egrave;s tout, pour mes contemporains, vivre c'est faire la f&amp;ecirc;te. Pour moi aussi, remarquez, mais on n'a peut-&amp;ecirc;tre pas toujours la m&amp;ecirc;me f&amp;ecirc;te! En ce moment, la seule chose qui me manque, vraiment la seule, c'est d'avoir plus de temps pour travailler avec Julie. &amp;Eacute;crire avec Julie, c'est les moments les plus beaux de mon existence. On vit et on fait la f&amp;ecirc;te dans ces moments-l&amp;agrave;! Je suis heureuse d'avoir ce temps donn&amp;eacute;, qu'on me paie, pour que je me consacre &amp;agrave; ma th&amp;egrave;se et j'aimerais que Julie puisse &amp;ecirc;tre l&amp;agrave; pour partager avec moi tout ce temps et qu'on &amp;eacute;crive ensemble. Je sais que &amp;ccedil;a va arriver un jour. Un jour, nous aurons ce temps. Il faut que je sois plus patiente. J'ai toujours eu h&amp;acirc;te d'&amp;ecirc;tre encore plus vieille et &amp;ccedil;a ne change pas d'ann&amp;eacute;es en ann&amp;eacute;es. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;</content>
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    <title>Après l'apocalypse</title>
    <published>2009-08-06T15:39:06Z</published>
    <updated>2009-08-06T17:13:40Z</updated>
    <content type="html">Apr&amp;egrave;s trois jours de vacances &amp;agrave; jouer &amp;agrave; Fallout 3 intens&amp;eacute;ment, je suis lasse des jeux vid&amp;eacute;o. Mon cerveau a &amp;eacute;t&amp;eacute; suffisamment amorti. J'ai besoin d'un autre rythme. J'aime les jeux vid&amp;eacute;o, mais je ne suis pas une vraie. J'ai un rapport probl&amp;eacute;matique avec les exc&amp;egrave;s d'ali&amp;eacute;nation. Ce qui est bien! Je d&amp;eacute;sire mon ali&amp;eacute;nation et ensuite je me retire pour me faire croire que je peux y &amp;eacute;chapper, contrairement aux autres. Je fais semblant de d&amp;eacute;sirer des vacances, mais en peu de temps, je recherche plus que tout le rythme du travail de l'&amp;eacute;tudiant. Je suis toujours confront&amp;eacute;e au grand dilemme : dois-je lire ou &amp;eacute;crire? Je vais aller du c&amp;ocirc;t&amp;eacute; de l'&amp;eacute;criture pour aujourd'hui. J'adore lire, mais honn&amp;ecirc;tement je suis un peu plus paresseuse. Pas tant que &amp;ccedil;a quand m&amp;ecirc;me! Je n'ai rien d'une personne paresseuse. C'est seulement que j'aime tant &amp;eacute;crire, que je me sens tellement en vie en &amp;eacute;crivant. Je me sens aussi en vie en lisant, mais &amp;ccedil;a d&amp;eacute;pend du livre. Je dois souvent me forcer. Les grandes oeuvres demandent souvent un effort que j'ai toujours souhait&amp;eacute; leur donner, m&amp;ecirc;me si &amp;ccedil;a peut &amp;ecirc;tre parfois un peu p&amp;eacute;nible. Souvent aussi je me force pour des oeuvres m&amp;eacute;diocres, c'est une autre histoire... &amp;Ccedil;a fait partie de la vie d'une &amp;laquo;professionnelle&amp;raquo; de la litt&amp;eacute;rature.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai envie de tout &amp;eacute;crire en m&amp;ecirc;me temps. Je suis en feu. Il faut que je me calme. J'essaie de me concentrer sur un texte &amp;agrave; la fois, m&amp;ecirc;me si je pourrais passer d'une fen&amp;ecirc;tre &amp;agrave; l'autre. J'ai m&amp;ecirc;me plein d'id&amp;eacute;es pour ma th&amp;egrave;se. Ce n'est pas le moment. Je n'ai pas eu les commentaires de mes directeurs sur mon travail. Enfin, je pourrai leur pr&amp;eacute;senter plein de nouveaux trucs que je veux ajouter. Je ne suis pas en peine. Je compte m&amp;ecirc;me mettre une quatri&amp;egrave;me oeuvre dans mon corpus : &lt;i&gt;La douleur&lt;/i&gt; de Duras. Je n'arr&amp;ecirc;te pas d'y penser depuis que je l'ai lu. Il y a tellement une parent&amp;eacute; forte entre Duras et Arendt. J'ai l'impression que Duras a &amp;eacute;crit dans &lt;i&gt;La douleur&lt;/i&gt; des pens&amp;eacute;es sur la guerre &amp;agrave; la mani&amp;egrave;re de l'&amp;eacute;crivain alors qu'Arendt pense les m&amp;ecirc;mes choses, mais elle l'&amp;eacute;crit comme une philosophe dans Les origines du totalitarisme. Une chose est certaine. Elles sont toutes les deux des femmes radicales et singuli&amp;egrave;res. &amp;Ccedil;a parait et c'est rare. Leur pens&amp;eacute;e est donc aussi radicale et singuli&amp;egrave;re.&amp;nbsp; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si&amp;nbsp;je&amp;nbsp;d&amp;eacute;cide&amp;nbsp;de&amp;nbsp;lire,&amp;nbsp;je&amp;nbsp;vais&amp;nbsp;continuer&amp;nbsp;&lt;i&gt;The Road&lt;/i&gt;. C'est tr&amp;egrave;s court. Je lis pourtant lentement. Je vois des images de Fallout 3 en lisant. D&amp;eacute;cid&amp;eacute;ment il faudrait proposer aux cr&amp;eacute;ateurs un add-on de &lt;i&gt;The Road&lt;/i&gt; pour Fallout 3. Jouer le roman de McCarthy! Il suffit d'ajouter un enfant avec le personnage principal et les mettre dans le d&amp;eacute;cor post-apocalyptique de Fallout 3. Il faudrait enlever les monstres et ajouter du froid. &amp;Ccedil;a pourrait faire de grandes sc&amp;egrave;nes de jeu vid&amp;eacute;o! C'est une meilleure id&amp;eacute;e que de faire un film sur le roman. Pas que le film ne peut pas &amp;ecirc;tre int&amp;eacute;ressant, mais un jeu de &lt;i&gt;The Road&lt;/i&gt;, &amp;ccedil;a serait tellement mieux! On devrait adapter plein de grands romans en jeu vid&amp;eacute;o. Les concepteurs de jeux ne sont pas assez originaux. Les geeks sont conformistes et incultes. Ils ne peuvent pas penser &amp;agrave; ces choses-l&amp;agrave;! &amp;Ccedil;a prend un grand cin&amp;eacute;aste comme Park Chan-Wook pour brasser les geeks et les sortir de leur confort. &lt;i&gt;Thirst&lt;/i&gt;, son dernier film, un &lt;i&gt;Th&amp;eacute;r&amp;egrave;se Raquin&lt;/i&gt; avec des vampires, c'&amp;eacute;tait une id&amp;eacute;e de g&amp;eacute;nie. On devrait proposer &amp;agrave; Park Chan-Wook de faire un jeu vid&amp;eacute;o.&amp;nbsp;</content>
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    <title>La photo</title>
    <published>2009-08-06T02:44:34Z</published>
    <updated>2009-08-06T02:49:05Z</updated>
    <content type="html">&amp;nbsp;Apr&amp;egrave;s une rude partie de soccer ce soir, j'ai envie de me lancer dans un texte triste. Je suis plut&amp;ocirc;t habile dans la chose, je pourrais en faire ma sp&amp;eacute;cialit&amp;eacute;! Je gosse avant d'&amp;eacute;crire puisque je sais que &amp;ccedil;a va mal finir. L'autre jour, j'&amp;eacute;tais toute heureuse &amp;agrave; un 5 &amp;agrave; 7 avec mes coll&amp;egrave;gues d'universit&amp;eacute; et ma dulcin&amp;eacute;e. Je filais le parfait bonheur. Une belle journ&amp;eacute;e d'&amp;eacute;t&amp;eacute; &amp;agrave; boire de la sangria, difficile de faire mieux! Plusieurs femmes enceintes &amp;eacute;taient pr&amp;eacute;sentes &amp;agrave; l'&amp;eacute;v&amp;eacute;nement. Je commence &amp;agrave; avoir l'&amp;acirc;ge o&amp;ugrave; toutes les femmes sont enceintes autour de nous! Je ne me souviens plus comment le sujet des &amp;eacute;chographies est arriv&amp;eacute;. Apr&amp;egrave;s que les &amp;eacute;chographies eurent &amp;eacute;t&amp;eacute; &amp;eacute;voqu&amp;eacute;es, une des femmes enceintes a sorti des photos et a commenc&amp;eacute; &amp;agrave; les faire circuler autour de la table. J'&amp;eacute;tais curieuse d'en voir de pr&amp;egrave;s et toute excit&amp;eacute;e de voir le b&amp;eacute;b&amp;eacute; de ma coll&amp;egrave;gue. Alors que je tenais les photos dans mes mains, j'ai eu un sentiment &amp;eacute;trange. Il n'&amp;eacute;tait pas n&amp;eacute;gatif, non, non! J'avais seulement la sensation que j'avais un souvenir li&amp;eacute; &amp;agrave; une pareille photo. Je me suis dit : &amp;laquo; Ah c'est vrai, j'ai d&amp;eacute;j&amp;agrave; assist&amp;eacute; &amp;agrave; une &amp;eacute;chographie moi! &amp;raquo;. Je me suis s&amp;eacute;rieusement demand&amp;eacute;e pendant plusieurs minutes comment j'avais pu voir une &amp;eacute;chographie. Et puis, je me suis rappel&amp;eacute;e! La sc&amp;egrave;ne est arriv&amp;eacute;e dans ma t&amp;ecirc;te d'un coup. Ben oui, j'ai d&amp;eacute;j&amp;agrave; vu une &amp;eacute;chographie! J'oubliais. Avant un avortement, on fait une &amp;eacute;chographie afin de v&amp;eacute;rifier quelque chose. La pr&amp;eacute;sence v&amp;eacute;ritable du b&amp;eacute;b&amp;eacute;, je suppose, ou l'&amp;eacute;tat de son d&amp;eacute;veloppement, peut-&amp;ecirc;tre. J'ai vu ce qu'on a tu&amp;eacute; avant qu'il se fasse aspir&amp;eacute;. Julie ne pouvait pas voir l'&amp;eacute;cran. Il ne le montre pas &amp;agrave; la femme enceinte. Elle &amp;eacute;tait sous les effets d'une drogue euphorique. Il y a m&amp;ecirc;me une photo qui est sortie de la machine. L'infirmi&amp;egrave;re l'a chiffonn&amp;eacute; et jet&amp;eacute; dans une corbeille. Voil&amp;agrave; bien la destin&amp;eacute;e de cet embryon qui a &amp;eacute;t&amp;eacute; quelques mois dans le ventre de Julie! Sa photo et lui dans les vidanges. On ne s'&amp;eacute;change pas passionn&amp;eacute;ment les photos des embryons pass&amp;eacute;s dans l'aspirateur des m&amp;eacute;decins. On s'assure seulement de sa pr&amp;eacute;sence et ensuite on ne le voit plus. Le m&amp;eacute;decin joue dans le sang et dans les restes humains dans un lavabo apr&amp;egrave;s. Il lui porte attention une derni&amp;egrave;re fois. La femme avort&amp;eacute;e ne voit rien de tout &amp;ccedil;a. Je me demandais pendant toute la manoeuvre ce que je pourrais raconter &amp;agrave; Julie. On lui cache presque tout. Et moi, j'ai tout vu. Je n'avais pas de lien de sang, bien s&amp;ucirc;r, avec son b&amp;eacute;b&amp;eacute;. Je n'ai pas &amp;eacute;t&amp;eacute; chang&amp;eacute; de sexe quand m&amp;ecirc;me! Ouf! Je me sentais du d&amp;eacute;but &amp;agrave; la fin comme si c'&amp;eacute;tait aussi mon enfant. &amp;Ccedil;a a &amp;eacute;t&amp;eacute; horrible &amp;agrave; voir pour moi. On lui a cach&amp;eacute; quelques manoeuvres, mais c'est quand m&amp;ecirc;me elle qui a senti l'aspirateur dans son ventre. Difficile de vivre pire! Je peux tout lui dire. C'est rien en comparaison avec le bruit horrible de l'aspirateur.&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;</content>
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    <title>L'expérience</title>
    <published>2009-07-28T13:31:19Z</published>
    <updated>2009-07-28T14:09:07Z</updated>
    <content type="html">Me voil&amp;agrave; une femme lib&amp;eacute;r&amp;eacute;e! Je suis aussi une femme qui a un vrai projet de th&amp;egrave;se devant elle! Je devenais insupportable pour moi-m&amp;ecirc;me et pour les amoureux sans doute. Il &amp;eacute;tait temps que j'arrive &amp;agrave; cet &amp;eacute;tat de satisfaction. J'&amp;eacute;tais hier une &amp;acirc;me en peine,&amp;nbsp; &amp;agrave; la recherche de lectures. Julie m'a dit de lire &lt;em&gt;La Douleur&lt;/em&gt; de Marguerite Duras. &amp;Ccedil;a m'a fait pleurer (oh j'ai essay&amp;eacute; de me retenir!) et j'en ai r&amp;ecirc;v&amp;eacute; toute la nuit. Je ne vous raconterai pas &amp;ccedil;a! Oh quand m&amp;ecirc;me! Je ne suis pas si morbide. Je veux passer le reste du mois en vacances de litt&amp;eacute;rature. Des vacances avec la litt&amp;eacute;rature et non sans!&amp;nbsp;J'ai envie d'&amp;eacute;crire tout le temps aussi. Ah si j'&amp;eacute;tais de ces gens qui remplissaient des pages et des pages!&amp;nbsp;Ben non, je suis de ceux qui &amp;eacute;crivent chaque ligne apr&amp;egrave;s maintes heures de souffrance! J'exag&amp;egrave;re un peu pour le style.&amp;nbsp; Je peux travailler sans arr&amp;ecirc;t jusqu'&amp;agrave; la p&amp;eacute;nulti&amp;egrave;me minute avant de tomber. &amp;Ccedil;a me permet donc d'&amp;eacute;crire moi aussi des pages des pages d'une certaine fa&amp;ccedil;on. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne vais pas divulguer un grand secret, je suppose, si je r&amp;eacute;v&amp;egrave;le ici que j'essaie depuis quelques temps d'&amp;eacute;crire de la fiction sur la boxe. J'ai arr&amp;ecirc;t&amp;eacute; d'y travailler dans le dernier mois, mais &amp;eacute;videmment, je pense que je tiens une id&amp;eacute;e g&amp;eacute;niale et je tente d'y travailler. &amp;Ccedil;a se retrouvera peut-&amp;ecirc;tre dans la pile des romans non termin&amp;eacute;s produits dans ma courte existence. Peu importe, je ne suis pas press&amp;eacute;e! Je suis en train de me dire que je devrais rendre mon projet plus vrai. Dans mon &amp;eacute;quipe de soccer, il y a une vraie athl&amp;egrave;te. C'est une fille sp&amp;eacute;ciale et tr&amp;egrave;s intelligente comme en rencontre peu. Je pense que notre lien est bon. Je me dis que je devrais l'inviter &amp;agrave; faire quelque chose afin d'apprendre des grands secrets de son exp&amp;eacute;rience sportive. Je ne suis pas Norman Mailer, charg&amp;eacute; de faire une oeuvre litt&amp;eacute;raire sur le grand combat d'Ali, je suis une pas rapport, une m&amp;ecirc;me pas romanci&amp;egrave;re qui a un petit projet sans importance. Et puis, de toute fa&amp;ccedil;on, je suis bien capable de m'imaginer par l'observation la vie d'une athl&amp;egrave;te. Je me dis toutefois qu'elle pourrait me dire quelque chose de trop unique, que je ne devrais pas passer &amp;agrave; c&amp;ocirc;t&amp;eacute;. Et puisque mon sujet de th&amp;egrave;se est justement la transmission des exp&amp;eacute;riences, je me dis qu'il faut foncer. Il me faudra faire semblant d'&amp;ecirc;tre une romanci&amp;egrave;re qui fait des recherches. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;font face="Times New Roman, serif"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; </content>
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    <title>People said her brain was infected by devils</title>
    <published>2009-07-14T14:19:00Z</published>
    <updated>2009-07-14T14:19:00Z</updated>
    <lj:music>Einstürzende Neubauten - Steh auf Berlin | Powered by Last.fm</lj:music>
    <content type="html">Je lutte souvent contre des pens&amp;eacute;es que je sais mensong&amp;egrave;res. Elles sont fausses et pourtant me hantent. Elles viennent de mes craintes les plus profondes. Parfois, dans un moment de faiblesse, je laisse la pens&amp;eacute;e mensong&amp;egrave;re me contaminer. Je la laisse dicter mes actes. Je commence alors &amp;agrave; avoir un comportement, en apparence, incoh&amp;eacute;rent. Au contraire, il est coh&amp;eacute;rent &amp;agrave; toute la folie que ma t&amp;ecirc;te contient que je tente de repousser, parce que je suis plus forte et plus intelligente que ces mauvaises pens&amp;eacute;es. Il faut &amp;eacute;carter les pens&amp;eacute;es fausses. On a bien assez &amp;agrave; d&amp;eacute;battre avec la v&amp;eacute;rit&amp;eacute; pour s'encombrer du faux. Je laisse parfois une de mes pens&amp;eacute;es fausses m'envahir m&amp;ecirc;me s'il ne faudrait pas. Dans un moment de faiblesse, de si totale vuln&amp;eacute;rabilit&amp;eacute;. Mon comportement avec autrui devient d&amp;egrave;s lors dict&amp;eacute; par la pens&amp;eacute;e fausse. &amp;Ccedil;a me r&amp;eacute;v&amp;egrave;le parfois une v&amp;eacute;rit&amp;eacute; encore plus complexe que je ne pouvais pas voir. Je me demande si je voulais vraiment la voir. Dans un instant de totale vuln&amp;eacute;rabilit&amp;eacute;, la r&amp;eacute;v&amp;eacute;lation est dangereuse. La v&amp;eacute;rit&amp;eacute; que je viens d'apercevoir peut-elle &amp;ecirc;tre vraie si je l'ai d&amp;eacute;couvert par le d&amp;eacute;tour de ce que la pens&amp;eacute;e mensong&amp;egrave;re avait fait de moi ? Je ne sais pas. Je suis seule, compl&amp;egrave;tement d&amp;eacute;munie pour y r&amp;eacute;fl&amp;eacute;chir. &amp;Ccedil;a devient un peu trop compliqu&amp;eacute; pour une femme vuln&amp;eacute;rable. Unique consolation : aujourd'hui, j'ai r&amp;eacute;appris &amp;agrave; pleurer.</content>
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    <title>Bientôt la coupe aux lèvres!</title>
    <published>2009-07-13T13:25:25Z</published>
    <updated>2009-07-13T13:27:50Z</updated>
    <lj:music>Notorious B.I.G. &amp; Frank Sinatra - Everyday Struggle/A Day In the Life of a Fool</lj:music>
    <content type="html">Et puis voil&amp;agrave;, c'est arriv&amp;eacute;. &amp;Ccedil;a ne prend pas de temps! J'aurais besoin d'aller &amp;agrave; Fantasia tous les jours! J'&amp;eacute;cris que je veux me retirer du monde, mais je suis obs&amp;eacute;d&amp;eacute;e &amp;agrave; l'id&amp;eacute;e de sortir. J'aime Fantasia pour les films et surtout pour l'ambiance. &amp;Ccedil;a fait tellement de bien de se rappeler dans une salle &amp;eacute;nergique que nous ne vivons pas compl&amp;egrave;tement dans le monde des morts. Puisque je ne suis pas une fille de club, c'est &amp;agrave; Fantasia que je lib&amp;egrave;re tout ce que je poss&amp;egrave;de de traits de mon &amp;eacute;poque, que je suis une festive &amp;agrave; part enti&amp;egrave;re. Heureusement, je ne suis pas int&amp;eacute;ress&amp;eacute;e par tous les films de Fantasia. Je n'y serai pas &amp;agrave; tous les jours. J'y serai presque &amp;agrave; tous les jours ce qui est d&amp;eacute;j&amp;agrave; pas mal. Je me suis toujours dit qu'il fallait se consacrer enti&amp;egrave;rement aux bonnes choses, c'est ce que je m'appliquerai &amp;agrave; mettre en oeuvre.&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon niveau d'angoisse augmente et tout explose. Je travaille comme une d&amp;eacute;cha&amp;icirc;n&amp;eacute;e. Mon rythme est cingl&amp;eacute;. J'aurai bient&amp;ocirc;t la coupe aux l&amp;egrave;vres. Je me suis toujours dit que je devrais prendre des vacances entre la fin de mon examen doctoral et le d&amp;eacute;but de la r&amp;eacute;daction de la th&amp;egrave;se. J'ai plusieurs projets de vacances : lire&lt;em&gt; La Recherche du temps perdu &lt;/em&gt;au complet en relisant le peu que j'ai d&amp;eacute;j&amp;agrave; lu, lire &lt;em&gt;Les Fr&amp;egrave;res Karamasov&lt;/em&gt; et devenir niveau 30 &amp;agrave; Fallout3. Serai-je &amp;agrave; la hauteur de mes projets de vacances?&amp;nbsp;On verra. Enfin pour le moment, j'ai pas mal &amp;agrave; faire. Je r&amp;ecirc;verai plus tard aux projets de vacances.&amp;nbsp;</content>
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    <title>Les jours de mélancolie</title>
    <published>2009-07-11T15:16:59Z</published>
    <updated>2009-07-11T15:16:59Z</updated>
    <lj:music>GZA/Genius - Liquid Swords | Powered by Last.fm</lj:music>
    <content type="html">Je ne sais pas pourquoi ce matin. &amp;Ccedil;a arrive comme &amp;ccedil;a. Des matins plus durs que d'autres. Je viens &amp;eacute;crire ici, depuis quelques temps, presque exclusivement lorsque je suis d&amp;eacute;go&amp;ucirc;t&amp;eacute;e de tout. Je m'en excuse. Ce matin encore, je commence &amp;agrave; remettre en question l'int&amp;eacute;r&amp;ecirc;t d'appartenir au monde, de vivre en soci&amp;eacute;t&amp;eacute;. Peut-&amp;ecirc;tre que &amp;ccedil;a me vient de &lt;em&gt;Thirst&lt;/em&gt;&amp;nbsp;de Park Chan-wook. Le plus dr&amp;ocirc;le et troublant film de vampires que l'histoire du cin&amp;eacute;ma ait connu. Je me sens encore mal depuis le visionnement et r&amp;eacute;fl&amp;eacute;chis sans arr&amp;ecirc;t &amp;agrave; l'int&amp;eacute;r&amp;ecirc;t des relations humaines. &amp;Ccedil;a ne doit pas &amp;ecirc;tre &amp;eacute;tranger au fait que j'ai pass&amp;eacute; toutes les derni&amp;egrave;res semaines &amp;agrave; travailler sur Beckett. J'ai lu plusieurs romans de Beckett que je ne connaissais pas. Pour tout dire, je ne connaissais pas beaucoup Beckett. Je m'y suis plong&amp;eacute;e et ce n'est pas termin&amp;eacute;. Mais enfin, la semaine prochaine, je dois me replonger dans C&amp;eacute;line que je connais d&amp;eacute;j&amp;agrave; davantage. &amp;Ccedil;a ne dressera pas un portrait du monde plus joyeux. Je me sentirai, sans doute, un peu mieux n&amp;eacute;anmoins pour une raison &amp;eacute;trange.&amp;nbsp;</content>
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    <title>Lenteur</title>
    <published>2009-07-01T14:17:47Z</published>
    <updated>2009-07-01T14:21:48Z</updated>
    <lj:music>Cage - Nothing left to say | Powered by Last.fm</lj:music>
    <content type="html">J'&amp;eacute;cris une demie page par jour et il faudrait c&amp;eacute;l&amp;eacute;brer. Wow! J'&amp;eacute;cris une demie page r&amp;eacute;dig&amp;eacute;e tout croche avec des phrases horribles et je sens que je viens d'accomplir un progr&amp;egrave;s immense. Je suis habitu&amp;eacute;e d'&amp;eacute;crire des dizaines de page en quelques jours sous la pression des dates de remise. J'essaie de m'habituer &amp;agrave; r&amp;eacute;partir le travail &amp;agrave; tous les jours, m&amp;ecirc;me si je suis faite pour les explosions de derni&amp;egrave;re minute. Je n'ai pas trop le choix. Ce que je dois &amp;eacute;crire ne peut se r&amp;eacute;diger en un coup bref et intense. &amp;nbsp;Si la r&amp;eacute;daction me rend habituellement heureuse et joyeuse, j'ai l'impression qu'en r&amp;eacute;partissant le travail je ne fais que prolonger mes moments d&amp;eacute;pressifs. Je suis particuli&amp;egrave;rement sensible &amp;agrave; tout et intol&amp;eacute;rante au monde autour de moi. Je me sens compl&amp;egrave;tement sauvage!&amp;nbsp;&amp;Agrave; moi, le chalet &amp;eacute;cologique retir&amp;eacute; du monde avec les amoureux! Il me reste trois semaines de r&amp;eacute;daction et je vais terminer &amp;ccedil;a, m&amp;ecirc;me &amp;agrave; raison d'une demie page par jour. Je voulais aller &amp;agrave; la boxe aujourd'hui pour enlever tout ce que ma t&amp;ecirc;te peut contenir de mauvaises pens&amp;eacute;es. Le club est ferm&amp;eacute; pour la f&amp;ecirc;te du Canada. Je vais me r&amp;eacute;soudre &amp;agrave; la musique violente et &amp;agrave; me remettre au travail comme la sage &amp;eacute;tudiante que je suis. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;</content>
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    <title>La partie de ce soir</title>
    <published>2009-06-18T01:47:02Z</published>
    <updated>2009-06-18T01:53:40Z</updated>
    <lj:music>Immortal technique - Golpe de Estado</lj:music>
    <content type="html">Je ne sais pas ce que s'est pass&amp;eacute;. Je suis arriv&amp;eacute;e au m&amp;eacute;tro pour aller &amp;agrave; mon match de soccer et j'ai eu un blanc de m&amp;eacute;moire. Je ne savais plus j'&amp;eacute;tais o&amp;ugrave; et o&amp;ugrave; je devais aller. Si j'ai une certitude dans la vie, c'est bien mon sens de l'orientation. Si j'ai un don, c'est celui-l&amp;agrave;. Je me retrouvais &amp;agrave; la sortie du m&amp;eacute;tro &amp;agrave; ne plus savoir o&amp;ugrave; aller comme une conne. J'avais oubli&amp;eacute; le nom de la rue. Je ne pouvais m&amp;ecirc;me pas prendre un taxi. &amp;Ccedil;a n'allait pas, ne plus savoir o&amp;ugrave; aller &amp;ccedil;a ne se peut pas. Je sais toujours o&amp;ugrave; aller. &amp;Agrave; deux doigts de la panique, &amp;agrave; deux doigts de l'hyst&amp;eacute;rie, j'ai fait l'usage de ma raison. J'ai t&amp;eacute;l&amp;eacute;phon&amp;eacute; &amp;agrave; Louito &amp;agrave; la maison pour avoir l'adresse du parc. Pendant qu'il cherchait avec Julie, j'ai eu un retour soudain de la m&amp;eacute;moire. Je savais que c'&amp;eacute;tait un mot juif : la rue Shalom!&amp;nbsp;Le chauffeur de taxi savait o&amp;ugrave; aller. Les amoureux au t&amp;eacute;l&amp;eacute;phone m'ont donn&amp;eacute; l'adresse exacte. Je me suis calm&amp;eacute;e. J'ai eu une vision d'horreur. Pendant mon instant de panique raisonn&amp;eacute;e, j'avais l'air d'une authentique jeune professionnelle avec son t&amp;eacute;l&amp;eacute;phone cellulaire. J'avais l'attitude typique de la femme press&amp;eacute;e, un peu brusque et affirm&amp;eacute;e, sur le bord de l'hyst&amp;eacute;rie. Il va falloir travailler &amp;ccedil;a. Une petite bourgeoise hyst&amp;eacute;rique, ce n'est pas ma destin&amp;eacute;e!&amp;nbsp;Oh non!&amp;nbsp;&amp;Ccedil;a ne peut pas &amp;ecirc;tre moi! Je ne veux plus me revoir de cette fa&amp;ccedil;on. &amp;Ccedil;a me d&amp;eacute;go&amp;ucirc;te trop. Je ne voudrais pas voir un vid&amp;eacute;o de la sc&amp;egrave;ne. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis arriv&amp;eacute;e au soccer en taxi. J'ai enfil&amp;eacute; mes prot&amp;egrave;ges-tibia, mes bas et mes souliers en vitesse. Nous avions le grand terrain cette semaine. J'&amp;eacute;tais contente de courir beaucoup, mais disons que le cardio souffrait davantage. D&amp;egrave;s mes premi&amp;egrave;res minutes, je sentais la grandeur du terrain. J'aime vraiment le soccer. C'est tellement diff&amp;eacute;rent de la boxe. Je me sens mieux au club de boxe. J'aime n&amp;eacute;anmoins red&amp;eacute;couvrir l'esprit du soccer. &amp;Agrave; la boxe, nous travaillons ensemble, bien s&amp;ucirc;r, mais tous pour soi. J'aime l'atmosph&amp;egrave;re de la boxe, la rencontre d'individualit&amp;eacute;s fortes qui se parlent peu et qui s'entraident tout de m&amp;ecirc;me beaucoup. Au soccer, je retrouve l'esprit gr&amp;eacute;gaire qui est diff&amp;eacute;rent et aussi agr&amp;eacute;able, je dois bien l'avouer. Je me sentais plus dans mon &amp;eacute;quipe aujourd'hui. Il faut dire que je joue un peu mieux, &amp;ccedil;a para&amp;icirc;t. J'ai du mal &amp;agrave; contr&amp;ocirc;ler le ballon comme plusieurs membres de mon &amp;eacute;quipe, mais je suis d&amp;eacute;vou&amp;eacute;e et toujours pr&amp;ecirc;te &amp;agrave; courir. Les gens de mon &amp;eacute;quipe sont chouettes. Nous nous encourageons, nous nous t&amp;eacute;moignons de l'affection de groupe, nous partageons ensemble l'effort. &amp;Ccedil;a me fait dr&amp;ocirc;le de retrouver ce sentiment. Je me disais comme une conne que je ne pourrais pas jouer dans une &amp;eacute;quipe &amp;agrave; nouveau. C'est d&amp;eacute;cid&amp;eacute;, cet automne, je vais m'inscrire au hockey cosom!&amp;nbsp;</content>
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